HAUT-UELE / TERRITOIRE DE FARADJE – MABIMA : La présence persistante des éleveurs Mbororo attise les tensions et un sentiment d’abandon
FARADJE, le 21 novembre 2025. Dans le village de Mabima, au sein de la chefferie Logo Doka, la population dénonce un climat d’insécurité grandissant et une impression de lassitude face au retour d’éleveurs Mbororo dans le village voisin de Mingato. Malgré une opération militaire annoncée pour retirer et cantonner ces éleveurs, les tensions sont reparties à la hausse ce jeudi 20 novembre, jetant une ombre sur l’efficacité des mesures officielles.
La cohabitation entre les agriculteurs locaux et les éleveurs transhumants Mbororo est, de l’avis des habitants, une source récurrente de conflits. Ceux-ci évoquent des champs saccagés par le bétail, des troupeaux errants et une insécurité généralisée, souvent associée à la présence d’armes.
Une lueur d’espoir était pourtant apparue lorsque les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) avaient annoncé le cantonnement des Mbororo à Nambia, dans le territoire de Niangara, une mesure destinée à apaiser les esprits. Mais sur le terrain, les doutes persistent. « Était-ce un véritable déploiement ou un simple spectacle militaire ? », s’interroge un notable de la région, résumant le scepticisme ambiant.
Plus grave encore, des sources locales affirment que certains éleveurs Mbororo, dont la présence a été officiellement interdite, parviendraient à se maintenir sur le territoire en finançant des autorités locales. Ces allégations nourrissent les spéculations d’un retrait inachevé, voire complice, de la part de certaines franges de l’administration et de l’armée.
La situation à Mabima soulève une question fondamentale de gouvernance locale : comment concilier la souveraineté et les droits des populations autochtones avec la présence d’éleveurs transhumants, afin d’instaurer une coexistence pacifique et durable ?
Tant que les actions sur le terrain ne rejoindront pas le discours officiel, le fossé de la méfiance ne fera que se creuser. Car la paix ne se décrète pas ; elle se construit patiemment sur les piliers de la confiance, de la justice et d’une action résolue.