Haut-Uélé : la colère gronde contre Kibali Gold Mines, accusée de marginaliser l'économie locale
WATSA – Une vive tension socio-économique secoue la région de Watsa, où les représentants des communautés locales élèvent une voix ferme pour dénoncer les pratiques de la puissante société minière Kibali Gold Mines. Ils l’accusent de sacrifier le tissu entrepreneurial local sur l’autel d’intérêts particuliers, creusant un peu plus le fossé de la défiance.
Le litige porte sur la résiliation unilatérale, jugée brutale et injustifiée, de plusieurs contrats de sous-traitance liant Kibali à des entreprises de la Grande Orientale, pourtant considérées comme des acteurs historiques du développement régional. Selon les porte-parole locaux, cette décision émanerait directement du directeur pays de Kibali, M. Cyrille Mutombo, qui chercherait à imposer des sociétés affiliées à son réseau katangais, au détriment des partenaires autochtones.
Parmi les structures frappées par cette exclusion figurent des noms emblématiques tels que Mungu Leni, Action b, PRL ou IOB. Ces entreprises, rappelle-t-on, ont été des pourvoyeuses d'emplois essentiels et ont activement participé à la formation et à l'insertion professionnelle de la jeunesse locale. Leur éviction sans dialogue préalable est perçue comme un mépris flagrant à l'égard des populations et de leur savoir-faire.
Lors d’une rencontre avec la presse, les notables se sont faits l’écho d’un mécontentement profond. « Cette terre et ses ressources sont, en premier lieu, le patrimoine de ses fils », ont-ils martelé, rejetant toute forme de « recolonisation économique » par des réseaux externes. Ils en appellent à une intervention rapide et déterminée de Monsieur le Gouverneur de la province du Haut-Uélé, Son Excellence Jean Bakomito Gambu, pour garantir l'équité contractuelle et protéger les intérêts légitimes des entrepreneurs de la région.
En l’absence d’une action corrective des autorités, les leaders communautaires annoncent le lancement imminent de mobilisations citoyennes d’envergure. Cet épisode cristallise les craintes d'une marginalisation économique des populations hôtes et relance avec acuité le débat sur l'application effective du contenu local et le respect des dispositions légales encadrant la sous-traitance en République Démocratique du Congo.