Crise Institutionnelle et Dérives Médiatiques au Haut-Uélé – La Communauté de Watsa Sort du Silence
Dans un contexte politique provincial tendu, la voix des notables et de la communauté locale s’élève, mêlant inquiétude, consternation et appel solennel à la raison.
La déclaration émanant du territoire de Watsa, datée du 6 décembre 2025, constitue une sortie médiatique remarquable, tant par sa structuration juridique que par la fermeté de ses mises en garde.
Elle jette une lumière crue sur les dualités qui paralysent le Haut-Uélé : un conflit de légitimité entre l’exécutif et l'Assemblée provinciale, exacerbé par des dérives médiatiques jugées indignes.
Le cœur du différend institutionnel réside dans l’initiative parlementaire. Cette déclaration rappelle avec force que « les Députés Provinciaux Initiateurs de la motion de défiance contre le gouverneur (…) ont agi conformément aux dispositions légales qui régissent les assemblées provinciales ». Cette base légale entre cependant en collision frontale avec une décision de l’autorité centrale, précisément citée : « le communiqué sous le numéro 25/CAB/VPM/MININTERSEDECAC/SLBJ/NLJM/407/2025 DU 27 Novembre 2025 portant suspension de la plénière ».
La communauté reconnaît le motif invoqué, à savoir la volonté présidentielle de « lutter contre la déstabilisation des institutions », mais en pointe les conséquences paralysantes : un « blocage institutionnel » empêchant l'adoption du budget et une « fragilisation de la gouvernance » au détriment des priorités vitales (sécurité, santé, éducation).
Cependant, l’originalité et la vigueur de la déclaration se concentrent sur la dénonciation d’une « dérive médiatique » personnifiée.
La déclaration s’en prend nommément à un certain Caleb BODIO, présenté comme un « communicateur influent » auto-proclamé du gouverneur.
Son action est sévèrement qualifiée de recueil « d’ antivaleurs », incluant « la diffamation ; des allégations mensongères, affirmations gratuites, atteinte à la vie privée, imputations dommageables » contre les élus, particulièrement le président de l'Assemblée.
Dans un rappel à l’ordre cinglant, la communauté énonce un principe fondamental : « un journaliste est avant tout un acteur de paix et cohésion sociale. La liberté de presse est garantie, mais elle s’accompagne du devoir d’exactitude, de neutralité et de responsabilité ». Ce communicateur influent autoproclamé est finalement décrit, avec mépris, comme un « amateur de communication (…), un simple animateur des radios locales, soit un étudiant débutant en science de communication ».
Face à cette double crise, la déclaration des notables et la communauté locale de Watsa se mue en cahier de recommandations impératives. Elle en appelle à l’arbitrage suprême, demandant « l'implication personnelle du Chef de l'État Felix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO pour l’ouverture de l'assemblée Provinciale ».
Elle somme le gouverneur Jean BAKOMITO GAMBU de « suspendre sans délai son soi-disant communicateur Influent Monsieur Caleb BODIO », sous peine de voir « la communauté (prendre) une décision dans quelques jours ».
Tout en réaffirmant son « soutien » tant au président de l'Assemblée Provinciale Justin ZAMBA NDEZU qu’au gouverneur, elle met en garde contre les « politiciens à mal de positionnement » qui manipulent les médias.
La conclusion revêt un caractère d’ultimatum : « dans le cas de non-respect des recommandations ci-haut énumérées dans 72 heures, la communauté locale de WATSA se prendra en charge ».
Ce post-scriptum, laconique et lourd de sens, « Nous avons dit ! », scelle une intervention communautaire déterminée, refusant autant l’immobilisme institutionnel que le poison de la calomnie. Il s’agit là d’un signal fort, où la légitimité coutumière et locale se pose en gardienne éthique et en dernier recours face aux défaillances de la gouvernance politique et médiatique.