Une Journée de Terreur à Mari-Minza : Pillages, Extorsions et Complicité Dénoncée
La population de la chefferie vit dans l’effroi après les exactions d’un groupe armé, perpétrées en plein jour et dans une inquiétante impunité.
Un vent de panique et d’horreur a soufflé sur la chefferie de Mari-Minza.
Le dimanche dernier , 25 janvier 2026. Le centre de négoce Moku, habituellement animé par les échanges commerciaux, a été le théâtre de scènes d’une brutalité insoutenable, plongeant la communauté entière dans un profond désarroi. Ces actes de vandalisme et de barbarie, commis en plein jour par une cohorte de jeunes lourdement armés d’armes blanches, ont laissé derrière eux un lourd sentiment d’insécurité et d’indignation.
Selon de multiples témoignages recueillis sur place, cette journée de terreur a débuté par le sac systématique du domicile d’un notable du village. Forts de ce premier forfait, les assaillants, dans leur retraite, se sont livrés à une véritable razzia. Ils ont pillé sans distinction les biens de voisins de leur première victime, frappant sauvagement toute personne qu’ils assimilaient à une cible ou qui osait exprimer la moindre désapprobation face à leurs agissements. Parmi les victimes de ces violences gratuites, un membre éminent de la société civile a frôlé la mort, ne devant son salut qu’à une fuite miraculeuse.
L’audace des malfaiteurs n’a connu aucune limite. Alors que la nuit tombait vers 20 heures, ces hors-la-loi ont érigé une barrière filtrante au quartier Ngbere. Dans un exercice flagrant de brigandage, ils ont procédé à l’extorsion de téléphones portables et d’effets personnels, imposant à chaque passant une « taxe » de passage arbitraire de 5000 francs congolais. Ce n’est que vers 22 heures, suite à l’intervention des éléments de la Police Nationale, que ce point de contrôle illégal a pu être démantelé et la foule dispersée.
Cependant, l’accalmie fut de courte durée. Dès le lendemain matin, lundi, le même groupe, renforcé par la présence d’individus identifiés comme des Pygmées, a une nouvelle fois dressé une barricade, cette fois à l’entrée même de la résidence du chef de chefferie. Cette récidive immédiate, en dépit de l’intervention des forces de l’ordre la veille, jette une lumière crue sur l’impunité dont semblent jouir ces agresseurs.
Face à cette escalade de violence, la population, meurtrie et livrée à elle-même, est en proie à une colère froide et à une inquiétude légitime. Le sentiment d’abandon est palpable. Les habitants dénoncent avec véhémence ces actes ignobles perpétrés en toute impunité, et pointent du doigt une complicité troublante. Selon plusieurs sources locales, ces exactions se dérouleraient « sous la bénédiction du chef du Chefferie », l’autorité même qui a pour mission première d’instaurer et de garantir la quiétude publique.
Il s’agit là d’une rupture grave du contrat social et d’une atteinte profonde aux droits les plus fondamentaux des citoyens. La situation exige une réponse ferme, rapide et transparente des autorités judiciaires et administratives supérieures. La population de Mari-Minza, digne et légitimement effrayée, attend plus que des dispersions ponctuelles ; elle réclame justice, sécurité, et la mise hors d’état de nuire de ces groupes criminels, ainsi qu’une enquête impartiale sur les allégations de complicité qui pèsent sur ses représentants. L’heure est à la restauration de l’État de droit, sans laquelle aucune paix durable ne pourra renaître dans la chefferie.