Assemblée nationale : une motion de défiance a expiré dans l’écueil procédural, tandis que la plume acérée de l'honorable Garry Sakata offrait au VPM Jacquemain Shabani une issue aussi légale qu’inattendue
Kinshasa, le 29 avril 2026, Sous les lambris de l’hémicycle, la motion initiée par l'honorable Lady Laddy Yangotikala Senga, élue de Kisangani-Ville, déposée le 13 avril dernier a été jugée non recevable.
Un acte d’accusation en cinq chefs : violation de la libre administration provinciale, entrave au contrôle parlementaire, atteinte à la séparation des pouvoirs, abus d’autorité, et surtout, défaillance coupable face à l’insécurité des « Kulunas » gangrenant Kinshasa, Boma ou Kananga. Autant d’allégations graves qui promettaient un brasier politique.
Mais c’était sans compter sur l’art de la motion incidentielle. Érigé en défenseur de la rigueur formelle, l’honorable Garry Sakata a déjoué le fond par la forme. Dénonçant une « fraude avérée » et des signatures viciées, « Imani » pour « Amani », « Pua » pour « Puwa », il a puisé dans le Règlement intérieur de l’Assemblée et la Constitution l’arme de l’irrecevabilité. Moyen de droit imparable : sans consentement authentique des députés, point de débat valide.
La Chambre a entériné. La motion de défiance, irrecevable, gît désormais dans les oubliettes de la procédure. Shabani, arraché aux griffes de ses motionnaires par la seule vertu d’un vice formel, sort indemne. Mais au prix d’une leçon : en politique congolaise, parfois, le meilleur rempart n’est pas l’innocence, mais l’irrégularité.