Haut-Uélé : panique à Mungbere après un accrochage, les rumeurs prennent le dessus sur la raison
La cité de Mungbere, située dans la chefferie Andobi en territoire de Watsa, dans la province du Haut-Uélé, s’est réveillée ce vendredi 22 mai 2026 dans un climat de forte psychose. À l’origine de cette tension, un accrochage survenu dans la nuit de jeudi à vendredi au village Muleyi, situé à une trentaine de kilomètres du centre de négoce de Mungbere,entre les forces loyalistes et des éléments armés assimilés à des forces négatives.
Selon plusieurs sources concordantes, quelques blessés parmi les forces de sécurité ont été évacués vers l’hôpital Anuarite de Mungbere pour y recevoir des soins appropriés. Ce mouvement, pourtant habituel dans un contexte d’opérations militaires, a rapidement alimenté les rumeurs et provoqué une vague de panique au sein de la population.
Dès les premières heures de la matinée, plusieurs habitants ont quitté précipitamment leurs domiciles, craignant une éventuelle attaque de grande ampleur. Certaines familles ont pris la direction des villages environnants, donnant à la situation l’allure d’un déplacement massif de population.
Cependant, des sources locales appellent au calme et relativisent l’ampleur de la situation. « À Mungbere, il y a pour l’heure plus de peur que de mal », a confié l’une d’elles, affirmant que la situation demeure sous contrôle des forces de l’ordre.
Face à cette montée de la psychose, le chef de la chefferie Andobi est intervenu pour rassurer les habitants et les inviter à regagner leurs domiciles. Il a exhorté la population à faire preuve de vigilance, à ne pas céder aux rumeurs et à signaler toute présence suspecte aux autorités compétentes.
Pour l’autorité coutumière, l’évacuation des blessés ne doit pas être interprétée comme un signe de faiblesse des forces engagées sur le terrain, mais plutôt comme la preuve d’un engagement responsable et professionnel des militaires déployés dans la région. « Ce qui doit rassurer la population, c’est l’engagement des forces de sécurité à protéger les civils et à neutraliser les fauteurs de troubles », a-t-il insisté.
Il convient de rappeler que les Forces armées de la république démocratique du Congo ont récemment renforcé leur présence dans cette partie du territoire de Watsa afin de sécuriser la zone et contenir les mouvements des groupes armés actifs dans la région.
Alors que les autorités appellent au calme, plusieurs observateurs estiment que la lutte contre la désinformation et les rumeurs demeure essentielle pour éviter que la peur ne prenne le dessus sur le discernement au sein de la population.