RDC : Delly Sesanga assume son rapprochement avec Joseph Kabila au nom de la défense de la Constitution
En République démocratique du Congo, le débat autour de la sauvegarde de la Constitution continue d’alimenter les réactions au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Cette fois, c’est Delly Sesanga qui défraie la chronique en assumant publiquement sa décision d’avoir cosigné, aux côtés de Joseph Kabila, une déclaration commune visant à préserver l’ordre constitutionnel.
Lors d’un espace X animé le 21 mai par le journaliste Stanis Bujakera, Delly Sesanga a répondu sans détour aux critiques de ceux qui lui reprochent une incohérence politique. Plusieurs observateurs lui objectent en effet de collaborer aujourd’hui avec Joseph Kabila, alors que le régime de ce dernier avait jadis réprimé dans le sang les mouvements opposés à toute révision de la Constitution.
Face à ces accusations, le président du parti Envol a défendu sa position en affirmant que la protection de la Constitution prime sur les clivages politiques et les querelles du passé. Selon lui, lorsqu’il s’agit de préserver la démocratie et l’État de droit, toutes les sensibilités politiques se doivent de se rassembler.
« Sur la question de la défense de la Constitution, nous avons appelé tout le monde », a déclaré Delly Sesanga, rappelant qu’en avril dernier, il avait signé une déclaration commune avec Joseph Kabila, Martin Fayulu et Moïse Katumbi afin d’exiger le respect de la loi fondamentale.
Pour l’opposant congolais, honorer la mémoire des victimes des violences politiques passées commande également de convaincre ceux qui, hier, voulaient modifier la Constitution de rejoindre aujourd’hui le combat pour son intégrité.
« La meilleure façon de respecter les victimes des massacres, c’est de convaincre, y compris ceux qui, hier, ont cherché à modifier la Constitution », a-t-il insisté pour justifier son rapprochement politique avec Joseph Kabila.
Delly Sesanga a également expliqué que la République doit se construire autour des principes et des valeurs républicaines, non autour des personnes. Il affirme n’éprouver « aucun complexe » à cosigner un communiqué avec Joseph Kabila lorsqu’il s’agit de défendre la démocratie congolaise.
Il a toutefois tenu à préciser qu’il lui serait impossible de soutenir toute initiative visant à instaurer un troisième mandat présidentiel en faveur de Félix Tshisekedi, estimant qu’une telle démarche serait contraire aux valeurs démocratiques qu’il défend.
Cette prise de parole intervient dans un contexte politique tendu, marqué par la création de la Coalition Article 64 (C64), une plateforme d’opposition réunissant plusieurs figures politiques congolaises, notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga. Cette coalition affirme vouloir faire barrage à toute tentative de modification de la Constitution en RDC.
Par cette initiative, les leaders de l’opposition entendent défendre l’ordre constitutionnel et empêcher, selon leurs termes, « l’instauration d’une nouvelle dictature et d’un pouvoir personnel à vie » en République démocratique du Congo.
Dans un pays marqué par de nombreuses crises politiques et institutionnelles, la question du respect de la Constitution demeure au cœur du débat national. Entre mémoire des violences du passé, rivalités politiques et enjeux démocratiques, les prises de position des acteurs politiques continuent de diviser l’opinion congolaise.