Gestion foncière controversée à Watsa : Pitshou Mumbuya interpelle le gouverneur du Haut-Uélé
A Watsa , chef lieu du territoire, portant le même nom, dans la province du Haut-Uélé, la tension ne cesse de croître autour des questions foncières. Le coordonnateur territorial de la Société civile révolutionnaire,Pitshou Mumbuya, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « désordre organisé » au sein des services du Cadastre et des Affaires foncières.
Dans une déclaration empreinte d’une tonalité d’alerte populaire, Pitshou Mumbuya accuse ouvertement le chef du service du Cadastre de Watsa, Monsieur Joseph Missa, ainsi que le chef du service des Titres immobiliers, Monsieur Jean-Louis, de semer la désolation dans la cité depuis les premiers lotissements.
Selon lui, ces deux responsables administratifs se comportent désormais comme de véritables chefs coutumiers, intouchables,protégés par les autorités territoriales, provinciales et même nationales. « Ils sont devenus plus puissants que les autorités elles-mêmes. Sans mutation ni nouvelle affectation, ils règnent sur Watsa comme sur un patrimoine privé »,dénonce-t-il.
Le coordonnateur de la Société civile révolutionnaire va plus loin en pointant l’impuissance de l’administrateur du territoire, Magay Missa,face aux exactions présumées de ces deux hommes qu’il dit « plus puissants que lui-même ». Une situation qui pousse une partie de la population à s’interroger : le conseil territorial de sécurité est-il encore au service du peuple ou bien d’intérêts privés ?
Le quartier Ganoza Nouvelle Cité est cité en exemple frappant de cette gestion contestable. Selon les habitants, les lotissements y auraient été réalisés sans aucune vision urbanistique :absence d’espaces réservés à la jeunesse, ni marché public, ni terrain de football, ni hôpital, ni même d’emplacement dédié aux forces de l’ordre ou aux infrastructures communautaires.
Pitshou Mumbuya avertit que cette situation pourrait provoquer une crise populaire incontrôlable si les autorités provinciales persistent dans leur silence et indifférence. Il interpelle directement le gouverneur de la province pour qu’une décision urgente soit prise avant que « le feu social ne s’allume ». « Les droits s’arrachent, ils ne se négocient pas »,rappelle-t-il, ajoutant que la population serait prête à faire cesser tout travail dans cette zone si les parcelles prétendument ravies à leurs légitimes propriétaires ne leur sont pas restituées dans les plus brefs délais.
La colère populaire vise également l’annulation de certaines avenues par les services concernés,pratique qui attise davantage la frustration des habitants. Plusieurs voix dénoncent l’attitude des deux chefs de service,qui se croiraient « plus puissants que le gouverneur de province et l’administrateur du territoire ». La population rappelle à cette occasion le slogan présidentiel « Le peuple d’abord », estimant que cette vision est aujourd’hui trahie et détournée par certains responsables locaux.
Dans ses révélations, Pitshou Mumbuya affirme par ailleurs que les deux responsables fonciers posséderaient de nombreuses parcelles à Watsa, voire « tout un quartier », selon ses propres termes. Il réclame des enquêtes mixtes,incluant des experts indépendants, afin d’établir toute la vérité sur la gestion des espaces publics et des terrains lotis.
Face à cette situation explosive, les habitants de Watsa demandent au gouverneur de province d’agir en « père de famille », avant que le pire ne survienne dans les jours à venir.