La Robe Triomphe du Rocher : Un Pasteur Condamné pour Diffamation à Kisangani
Kisangani, Province de la Tshopo. Dans une décision qui souligne la fermeté de la justice face aux atteintes à l'honneur, le Tribunal de Paix de Makiso à Kisangani a rendu, ce vendredi 30 mai 2025, un verdict retentissant au terme d'un conflit opposant la noble corporation des avocats au Pasteur Jules Mulindwa, éminence de l'Église Cité de Refuge.
L'affaire trouve son origine dans une plainte déposée par Maître Patrick Mulimangombe, avocat inscrit au barreau du Haut-Uele. Ce dernier accusait le révérend Mulindwa d'avoir proféré à l'encontre des avocats, des injures publiques et des actes de diffamation d'une particulière gravité, portant atteinte à leur réputation professionnelle.
Après examen des éléments du dossier, le tribunal a donné raison aux hommes en toge noire. Le Pasteur Mulindwa a quant à lui, écopé d'une peine de douze mois de servitude pénale principale pour le délit d'imputation dommageable. À cette incarcération s'ajoute une condamnation à verser à la partie civile une somme substantielle à titre de dommages et intérêts, réparant ainsi symboliquement et matériellement le préjudice subi.
Pour Maître Patrick Mulimangombe, l'initiatieur de la procédure, cette sentence revêt une portée bien plus large . Il y voit un arrêt à ''valeur pédagogique et dissuasive" essentiel au bon fonctionnement de la société : « Ces propos inconsidérés, » a-t-il déclaré, « ont jeté un discrédit permanent sur l’honneur de l’avocat, faisant de lui un objet de moquerie, ce qui est proprement inacceptable. Dans une société déjà éprouvée par les abus, les infractions et la criminalité, rien ne peut fonctionner harmonieusement si de tels comportements échappent à toute sanction. Il est impératif de décourager fermement ces agissements pour préserver l'intégrité des personnes et empêcher quiconque de se livrer à de telles déclarations à l’avenir. »
Ce jugement frappe par la sévérité de la peine infligée à une figure religieuse, rappelant avec force que nul, quelle que soit sa fonction, n'est au-dessus des lois protégeant l'honneur et la considération d'autrui. Il consacre la revanche de la robe sur le rocher, affirmant la primauté de la réputation professionnelle et du respect dû à ses représentants.