Watsa : L'appel à la protestation contre l'insécurité rencontre une désertion populaire
Watsa, Province du Haut-Uele; Un appel conjoint du parti au pouvoir, l'UDPS, et d'une frange de la société civile locale à initié un mouvement de protestation au début de ce week-end sur l'ensemble du territoire de Watsa, qui est resté lettre morte. Destinée à dénoncer l'insécurité grandissante qui mine le territoire, cette initiative s'est heurtée à une indifférence marquée de la population.
Sur le terrain, le constat fut sans appel. Contrairement aux espoirs des organisateurs,''les activités économiques et sociales se sont déroulées avec une normalité déconcertante''. Marchés animés, déplacements habituels, aucune rupture dans le rythme quotidien ne vint témoigner d'une quelconque adhésion au mot d'ordre de protestation. La vie a suivi son cours, imperméable à l'appel lancé.
Pour Patrick Tawaba, activiste des droits humains présent sur place et ayant sillonné les cités de Watsa et Durban, l'échec est patent et révélateur. "La population s'est montrée moins intéressée par cette initiative", confirme-t-il, soulignant que les appels récurrents à des actions similaires, souvent infructueux, finissent par pénaliser davantage le menu peuple dont la survie dépend d'un "travail quotidien" ininterrompu. Le coût économique de ces "villes mortes" retombe lourdement sur les plus vulnérables, sans pour autant produire les résultats escomptés en matière de sécurité.
Face à cet échec cuisant et à la lassitude populaire, Monsieur Patrick Tawaba estime qu'une profonde remise en question s'impose. "Il est peut-être temps que les acteurs de la société civile passent à la vitesse supérieure", déclare-t-il avec conviction. Il plaide pour l'abandon des méthodes traditionnelles jugées désormais ''démodées et inefficaces'', comme les journées "ville morte". En lieu et place, il suggère d'explorer des stratégies plus impactantes, tel ''le recours à l'incivisme fiscal''. Cette forme de résistance civile, consistant par exemple en une suspension collective et organisée du paiement de certains impôts ou taxes, aurait selon lui le mérite ''d'attirer réellement l'attention des autorités'' en touchant un nerf sensible : les ressources de l'État.
"Les autorités ne peuvent plus ignorer les désastres sécuritaires qui rongent le territoire de Watsa lorsque la contestation prend une forme qui affecte directement le fonctionnement de l'appareil administratif et financier", argumente l'activiste. La passivité observée ce week-end serait ainsi moins un désintérêt pour la cause de la sécurité , sujet de préoccupation majeur, qu'un rejet des modalités d'action perçues comme vaines et coûteuses pour la population laborieuse.
Le défi pour la société civile et les partis concernés réside désormais dans leur capacité à inventer de nouveaux modes de pression, légitimes et efficaces, capables de briser l'indifférence des pouvoirs publics face à la détresse sécuritaire des habitants de Watsa. L'heure n'est plus à la répétition d'échecs prévisibles, mais à l'innovation stratégique.