RDC: Haut-Uele, un nouveau sanctuaire des ADF/NALU ; Mungbere, un temple de la terreur, pendant que Kinshasa a ses priorités ailleurs.
Dans une déclaration, aussi grave que lucide, émane d’Emmanuel INIKUTIRO, fils du terroir, étudiant et chercheur en droit à l’Université de Kinshasa, brise le silence :"Haut-Uele, est devenu le nouveau sanctuaire des ADF/NALU ; Mungbere, un temple de la terreur de certains hommes en uniforme, pendant que Kinshasa a ses priorités ailleurs."
Elle n’a rien d’une simple chronique provinciale : elle constitue une mise en accusation directe de l’abandon, voire de la compromission, aux portes orientales de la République.
Emmanuel INIKUTIRO condamne sans réserve les actes de barbarie – tueries systématiques, incendies de villages, enlèvements en série – perpétrés par les terroristes ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF). Après avoir ensanglanté l’Ituri et les Kivu, ces groupes ont érigé leur nouveau sanctuaire dans le Haut-Uele, transformant cette terre congolaise en champs de massacre. Mais ce qui sidère le juriste en formation, c’est l’indifférence assourdissante de la communauté nationale face à l’ampleur du désastre.
Si Monsieur INIKITURO salue le courage des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) engagées dans la traque de ces forces négatives, il déplore et dénonce, avec la rigueur du légiste, le dérapage intolérable de certains hommes de troupe. Ces derniers, par leurs agissements contraires à la discipline militaire, non seulement ternissent l’image de l’institution, mais sèment à leur tour la terreur à Mungbere.
Après avoir provoqué le déplacement massif des populations à des centaines de kilomètres de leurs foyers, les mêmes éléments incontrôlés imposent désormais aux quelques résistants restés sur place un régime de peur viscérale : aucun jour ne s’écoule sans que soient signalés des cas présumés d’extorsion, de viol, voire d’homicide. Pendant ce temps, les déplacés, ayant tout abandonné derrière eux pour trouver refuge dans des agglomérations censément plus sûres, vivent dans des conditions inhumaines, privés de toute assistance humanitaire adéquate.
Face à cette dérive, Emmanuel INIKUTIRO interpelle solennellement les autorités politico-provinciales, et surtout le pouvoir central, afin qu’ils se penchent d’urgence sur ce dossier avant qu’il ne se mue en catastrophe sécuritaire et humanitaire irréversible.
Il invite, par ailleurs, la justice militaire à prendre au sérieux les alertes provenant de Mungbere, à diligenter des enquêtes rigoureuses, et à poursuivre sans faiblesse les éléments incontrôlés qui déshonorent l’armée. Il en va de la restauration du lien de confiance entre la population et ses forces de défense, condition sine qua non du retour rapide des déplacés dans leurs milieux d’origine.
Faute de quoi, le sanctuaire deviendra tombeau, et le temple de la terreur, symbole d’un État renonçant, par aveuglement ou par abandon, à son monopole de la violence légitime.