Watsa: Lotissements anarchiques à Maba; Pitshou Mumbuya Coordonnateur de la société civile révolutionnaire dénonce les dérives du service de cadastre.
Le forfait serait devenu méthode. Après le quartier Ganoza, voilà que le service du cadastre de Watsa étend son théâtre d’opérations à Maba. Mais cette fois, la manœuvre outrepasse les bornes de la bienséance administrative : lotir environ huit parcelles sans même daigner informer le chef de groupement, omettre de lui présenter la moindre civilité avant d’agir dans sa juridiction… Autant de manquements qui, aux dires de Pitshou Mumbuya, laissent sans voix.
« Je manque de mots pour qualifier un tel comportement », lâche, amer, le coordonnateur de la société civile révolutionnaire. L’indignation est à la hauteur de l’enjeu : la concession lotie n’est autre que la portion réservée par l’administration coutumière pour le placement d’office du chef du groupement. Un territoire sacré entre les mains du gardien de la terre, représentant légal de l’État à l’échelle locale.
Mumbuya déplore, en termes choisis, l’absence criante de collaboration entre le cadastre et l’autorité coutumière. « C’est la paix sociale que l’on hypothèque, sans parler des litiges à venir », prévient-il. Dès lors, son cri d’alarme s’élève vers l’administrateur du territoire et le chef de secteur : qu’ils rétablissent l’ordre, sans délai.
Au-delà d’une simple mise en garde, il propose une remise en chantier. « Toilettons ce service », plaide-t-il, en appelant à l’intégration des fils du terroir, seuls à même de connaître la contrée et ses subtiles hiérarchies. Car, insiste-t-il, la procédure de lotissement ne saurait se réduire à un jeu de routine livré au bon vouloir — ou au caprice — des agents du cadastre de Watsa.
À Maba, l’incident dépasse le simple accroc procédural. Il révèle une fracture plus profonde entre technostructure et légitimité coutumière. En attendant une intervention autoritaire des supérieurs hiérarchiques, la société civile veille, prête à dénoncer toute velléité d’anarchie administrative. Sous le soleil brûlant du groupement, une leçon en suspens : la terre ne se partage pas sans le consentement de ceux qui en gardent la mémoire.