Watsa : plus de 73 barrières de contrôle, mais l'insécurité continue. À quoi servent réellement ces dispositifs ?
Par Patrick Tawaba
Watsa, Haut-Uélé. Alors que l'insécurité continue de gagner du terrain dans le territoire de Watsa, une question revient avec insistance dans l'opinion publique : à quoi servent les dizaines de barrières de contrôle disséminées sur les principaux axes du territoire si les criminels continuent d'opérer avec une telle facilité ?
Au terme de nos investigations, nous avons recensé plus de 73 barrières de contrôle. Pourtant, les attaques armées, les cambriolages et les braquages continuent de semer la peur au sein de la population.
Les récents braquages enregistrés au village Dilolo ainsi qu'au cœur même de la cité de Watsa, non loin du rond-point Cinquantenaire, relancent le débat sur l'efficacité du dispositif sécuritaire. Ces événements soulèvent des interrogations auxquelles les autorités compétentes ne peuvent plus se soustraire.
Comment expliquer que des individus lourdement armés puissent agir dans un territoire quadrillé par autant de postes de contrôle ?
D'où proviennent les armes utilisées lors de ces attaques ?
Par quels itinéraires transitent-elles ?
Qui contrôle réellement les principaux points d'entrée et de sortie du territoire ?
Combien d'armes ont été saisies au cours des derniers mois ?
Quel bilan concret les différents services de sécurité peuvent-ils présenter à la population ?
Ces questions concernent l'ensemble des services chargés de la sécurité. Les citoyens sont en droit d'attendre des explications sur les actions menées en matière de prévention, de renseignement,d'interpellation des suspects et de lutte contre les réseaux criminels.
Au-delà des discours, la population attend des résultats. Chaque nouveau braquage renforce le sentiment d'insécurité et nourrit les inquiétudes des habitants, qui souhaitent retrouver le droit fondamental de vivre en paix.
Le journalisme d'investigation n'a pas pour vocation de condamner sans preuve. Sa mission est d'interroger les faits,d'exiger des réponses des institutions publiques et de porter les préoccupations des citoyens. À Watsa, les questions sont nombreuses. Il appartient désormais aux autorités compétentes d'y répondre avec transparence, responsabilité et preuves à l'appui.