Haut-Uele : la Dynamique de soutien de Rungu défend le contrôle parlementaire face aux accusations de « marginalisation » de Watsa
Isiro, 2 juillet 2026 – La vie politique provinciale du Haut-Uele connaît ces derniers jours une nouvelle passe d’armes institutionnelle. En réponse à une déclaration émanant de plusieurs organisations du territoire de Watsa, la Dynamique de soutien pour le Développement du Territoire de Rungu (DDTR) a publié, le 1er juillet, une mise au point cinglante, dénonçant ce qu’elle perçoit comme une tentative de « tribalisation du débat politique » et une instrumentalisation de la question territoriale à des fins de protection individuelle.
L’affaire trouve son origine dans une question orale sans débat adressée par le vice-président de l’Assemblée provinciale, l’honorable Joseph Tinda Bweisù, au ministre provincial en charge des Infrastructures, des Travaux publics et de la Reconstruction (ITPR) et de la Santé publique, M. Afounde Afongenda Sumbu. Un acte de contrôle parlementaire que les organisations de Watsa ont qualifié, dans leur propre déclaration, d’« acharnement » et de tentative de « déstabilisation » de leur territoire.
La DDTR, qui se présente comme un groupe de soutien à la bonne gouvernance, n’a pas tardé à répliquer. Dans un texte signé par son coordonnateur, Gilbert Anyotoka, l’organisation estime que ces accusations sont « dénuées de fondement juridique » et relèvent d’une interprétation politique erronée. « La question orale est un instrument normal de contrôle parlementaire. Elle n’est ni une sanction, ni une condamnation, encore moins un acte d’hostilité personnelle », peut-on lire dans le communiqué, qui rappelle que l’élu n’a fait qu’« exercer le mandat que lui a confié le peuple ».
Sur le fond, la DDTR réfute point par point l’argumentaire des organisations de Watsa. Concernant la prétendue marginalisation de ce territoire au sein des institutions provinciales, la Dynamique oppose une fin de non-recevoir : « Le territoire de Watsa est représenté à l’Assemblée provinciale par ses députés élus. Il est représenté au Gouvernement provincial à travers des responsabilités ministérielles importantes. » Et d’ajouter, avec une pointe d’ironie, que « faire croire que Watsa serait exclu des institutions relève davantage d’un discours politique que d’un constat objectif ».
L’organisation va plus loin en mettant en garde contre une « personnalisation des institutions » et une « tribalisation » du débat. « Assimiler le contrôle d’un ministre à une attaque contre Watsa revient à personnaliser les institutions et à tribaliser le débat politique, ce qui est contraire aux valeurs républicaines », insiste le texte, qui rejette catégoriquement « les insinuations selon lesquelles certains députés poursuivraient des intentions de marginalisation ou de destruction politique du territoire de Watsa ».
Pour la DDTR, la reddition des comptes n’est pas une sanction, mais une exigence de bonne gouvernance. « Même le ministre le plus performant demeure soumis au contrôle parlementaire », soutient l’organisation, estimant que « répondre aux préoccupations des députés est un devoir républicain et non une humiliation ». Elle appelle ainsi le gouverneur de province à ne pas utiliser la question de la représentativité pour « soustraire un membre du Gouvernement au contrôle parlementaire ».
L’appel final du communiqué se veut un plaidoyer pour l’apaisement et la défense des institutions. « Le Haut-Uele appartient à tous ses fils et filles. Aucun territoire ne doit être utilisé comme bouclier politique pour protéger un responsable public de son obligation de rendre compte », conclut la DDTR, qui invite la population à « ne pas céder aux discours de victimisation, de division, de la haine, de la manipulation et du tribalisme ».
L’honorable Joseph Tinda Bweisù, visé par les critiques, est quant à lui réaffirmé dans sa légitimité. La Dynamique lui renouvelle « son entière confiance en son engagement pour la bonne gouvernance, la transparence et le respect de l’État de droit », précisant qu’il continuera d’exercer son mandat « avec courage, indépendance et fidélité aux intérêts du peuple, sans céder aux intimidations ». Une déclaration qui, à quelques semaines des échéances politiques, risque de raviver les tensions entre les territoires et d’alimenter le débat sur l’équilibre des pouvoirs au sein de la province du Haut-Uele.