Révision constitutionnelle en RDC : Didier Likel met en garde contre une dérive institutionnelle en pleine guerre
Alors que le débat sur un éventuel changement de la Constitution refait surface en République démocratique du Congo, dans un contexte marqué par l’occupation d’une partie du territoire national par les rebelles de l’AFC/M23, le Chef des Travaux Didier Likel estime que le moment est mal choisi pour rouvrir un dossier aussi sensible.
Dans une interview exclusive accordée à Lumière Digitale Média ce vendredi 03 juillet 2026,cet expert en sciences politiques et administratives a appelé à la retenue, estimant qu’une réforme constitutionnelle ne peut être envisagée que dans un climat de dialogue inclusif, réunissant toutes les forces vives de la nation.
Pour Didier Likel, une telle démarche devrait impérativement associer l’opposition armée et non armée, la société civile,le gouvernement ainsi que l’ensemble des parties prenantes. À ses yeux,vouloir modifier la Loi fondamentale alors qu’une grande partie du pays demeure sous occupation rebelle relève d’une véritable anomalie constitutionnelle.
« En changeant la Constitution, c’est le glissement vers un troisième mandat et le début de la dictature. J’appelle à la responsabilité de ceux qui pensent qu’ils peuvent changer la Constitution pour leur intérêt. L’article 220 est irréversible », a-t-il déclaré avec fermeté.
Le Chef des Travaux rappelle par ailleurs que l’article 220 de la Constitution congolaise limite à deux le nombre de mandats présidentiels, une disposition qu’il juge non négociable. Selon lui,relancer ce débat à presque deux ans de la fin du mandat en cours est non seulement incompréhensible, mais aussi politiquement dangereux dans un pays déjà fragilisé par l’insécurité et la guerre.
Cette sortie intervient alors que la loi sur le référendum aurait été majoritairement adoptée par des députés nationaux issus de la mouvance présidentielle,en l’absence des élus de l’opposition,qui avaient boycotté les séances plénières consacrées à la question du changement de la Constitution.
Dans un climat politique déjà tendu, les propos de Didier Likel résonnent comme un avertissement; pour lui, aucune réforme constitutionnelle sérieuse ne peut se construire dans la précipitation, encore moins dans un pays en guerre et partiellement occupé.