Watsa : la société civile dénonce la gestion du patrimoine foncier de la SOKIMO et alerte sur le sort de ses travailleurs
Watsa, dans le Haut-Uélé, la gestion du patrimoine foncier de la Société minière de Kilo-Moto (SOKIMO S.A.) suscite de vives inquiétudes. Le coordonnateur de la Société civile révolutionnaire, Pitshou Mumbuya, tire la sonnette d’alarme et dénonce des pratiques qu’il juge préoccupantes dans la gestion de certaines parcelles attribuées à la société.
Selon lui, plusieurs correspondances auraient déjà été adressées aux autorités compétentes, sans qu’une solution durable ait été trouvée. Il estime désormais urgent de protéger les concessions de la SOKIMO, tout en veillant au respect des droits des travailleurs et de leurs familles.
La situation sociale des employés et anciens travailleurs de la SOKIMO est également au cœur des préoccupations soulevées par Pitshou Mumbuya. Il affirme que plusieurs d’entre eux attendent encore le paiement de leurs salaires, indemnités et autres droits. Certains seraient même décédés avant d’avoir pu percevoir les sommes qui leur étaient dues, laissant derrière eux des familles confrontées à de graves difficultés.
« Pendant que des agents de la SOKIMO S.A. demeurent impayés, certains sont morts sans avoir reçu ce que la société leur devait. Leurs enfants, sans ressources, sont restés sur les parcelles de leurs parents, mais certains services de l’État s’emploient à réduire ces parcelles et à les vendre », déplore-t-il.
Pour le responsable de la Société civile révolutionnaire, cette situation ne peut plus être considérée comme un simple problème administratif. Elle touche directement à la survie de nombreuses familles qui dépendent encore des droits dus à leurs parents ou proches ayant travaillé pour la SOKIMO.
La question foncière constitue l’autre volet majeur de cette alerte. Pitshou Mumbuya appelle la direction de la SOKIMO à prendre des dispositions urgentes pour identifier, délimiter et sécuriser l’ensemble des espaces appartenant à la société. Il redoute que l’absence de démarcation claire de certaines concessions favorise des occupations, des morcellements ou des transactions litigieuses.
« Les responsables de la SOKIMO doivent se réveiller pour sauvegarder les intérêts de leurs travailleurs, en délimitant les concessions qui appartiennent à la société afin d’éviter les ventes illicites », martèle-t-il.
Parmi les espaces cités figure notamment un terrain situé vers ITI, que Pitshou Mumbuya présente comme ayant été traditionnellement réservé aux activités sportives, en particulier au football.
« Même vers ITI, un espace était réservé au stade. Depuis notre enfance, nous y jouions. Aujourd’hui, lorsqu’on s’y rend, ce terrain a été vendu sans la moindre autorisation de la SOKIMO », dénonce-t-il.
Ces accusations, qui restent à vérifier auprès des services fonciers et de la direction de la SOKIMO, soulèvent néanmoins une question fondamentale : qui protège aujourd’hui les concessions et les intérêts fonciers de cette société dans le territoire de Watsa ?
Pour Pitshou Mumbuya, la problématique foncière ne peut être dissociée de la situation préoccupante des travailleurs de la SOKIMO. Il estime que le retard accumulé dans le paiement des salaires et des droits sociaux fragilise davantage les familles concernées et risque d’aggraver une situation déjà difficile.
« Mon inquiétude est de voir des agents de la SOKIMO impayés pendant plusieurs années. Traités de la sorte, ils risquent d’être terrassés par la faim », lance-t-il, pour souligner la gravité de la situation sociale qu’il dénonce.
Face à ces accusations, la direction de la SOKIMO ainsi que les services de l’État intervenant dans le secteur foncier sont désormais interpellés. Des clarifications sont attendues sur la situation juridique des parcelles concernées, leur délimitation, leur occupation ainsi que sur les éventuelles autorisations de vente ou de morcellement.
La vérification des titres fonciers, des documents cadastraux et des différents actes administratifs permettrait notamment d’établir les responsabilités et de déterminer si les opérations dénoncées sont conformes à la législation en vigueur.
Au-delà du différend foncier, cette alerte met en jeu la préservation du patrimoine de la SOKIMO et la protection des droits de ses travailleurs.
Pour Pitshou Mumbuya, il est temps que les autorités compétentes agissent afin d’empêcher toute spoliation du patrimoine de la société et de mettre fin aux pratiques qu’il dénonce.
Alors que des travailleurs et leurs familles attendent toujours le règlement de leurs droits, la société civile demande que toute la lumière soit faite sur la gestion des concessions de la SOKIMO à Watsa.
La balle est désormais dans le camp de la direction de la SOKIMO et des services compétents de l’État, appelés à répondre à ces accusations et à apporter des éclaircissements sur la situation des espaces concernés.