Watsa : la société civile de la révolution dénonce un couvre-feu « inadapté » et exige sa suspension
Face à la recrudescence des exactions nocturnes, le couvre-feu instauré de 22 heures à 5 heures du matin dans la cité de Watsa est vivement contesté. Pitsu Mumbuya, coordonnateur territorial de la société civile révolution, en réclame la levée immédiate, au nom d’une réalité sécuritaire qu’il juge mal appréhendée par les autorités.
L’insécurité qui gangrène le territoire de Watsa, et singulièrement son chef-lieu, ne souffre plus aucune contestation : extorsions, vols à main armée, meurtres et assassinats s’y succèdent avec une inquiétante régularité. Pour endiguer cette spirale de violence, les autorités sécuritaires ont décrété, il y a peu, un couvre-feu nocturne, interdisant toute circulation entre 22 heures et 5 heures du matin. Une mesure d’apparence salutaire, mais qui, aux yeux de Monsieur Pittshou Mumbuya, relève d’une « transposition erronée » et contre-productive.
Joint par notre rédaction, le coordonnateur territorial de la société civile révolution n’a pas mâché ses mots. « Les autorités doivent suspendre cette décision, en attendant une évaluation des précédentes patrouilles mixtes FARDC et PNC », a-t-il déclaré avec fermeté. Selon lui, loin d’apporter la quiétude escomptée, la période de couvre-feu a au contraire coïncidé avec « des cas de tracasseries » et « une montée vertigineuse des activités criminelles nocturnes ». Un paradoxe qu’il dénonce comme la preuve d’une méconnaissance du terrain.
L’activiste pointe du doigt une confusion fâcheuse : « On ne peut pas transposer le couvre-feu décrété pour la ville d’Isiro à Watsa, car nous ne sommes pas dans le même contexte. » Une manière de rappeler que les réalités sociologiques, géographiques et criminelles de cette cité minière diffèrent sensiblement de celles de la capitale provinciale. Là où Isiro justifie peut-être une telle mesure, Watsa requerrait, selon lui, une approche plus fine et plus respectueuse des dynamiques locales.
À l’inverse, Monsieur Mumbuya plaide pour une reconnaissance pleine et entière du rôle des « jeunes vigilants », ces groupes de population qui, de nuit, assurent des rondes avec un dévouement exemplaire. « Les dernières expériences accordent plus de résultats positifs et de crédit à ce groupe de population qui mène bien la sécurité de la cité, car on est mieux servi que par soi-même », a-t-il souligné, invoquant un principe de subsidiarité sécuritaire cher aux communautés éprouvées. Une déclaration qui sonne comme un désaveu cinglant des forces de l’ordre, accusées implicitement d’inefficacité ou de passivité complice.
En attendant une éventuelle révision de cette mesure, le coordonnateur de la société civile révolution exhorte la population de Watsa à la plus grande vigilance. « Ne vous laissez pas drainer par certaines décisions des autorités », a-t-il lancé, appelant les habitants à ne pas se résigner face à un couvre-feu qu’il juge liberticide et inopérant. Reste à savoir si les autorités sécuritaires entendront cette voix dissonante, ou si elles camperont sur une position que d’aucuns, à Watsa, considèrent déjà comme un aveu d’impuissance déguisé en fermeté.