WATSA : LA PRISON EST-ELLE DEVENUE UNE PASSOIRE ? ALERTES IGNORÉES, ARME INTRODUITE, ÉVASIONS EN SÉRIE : LA SOCIÉTÉ CIVILE EXIGE DES COMPTES
Watsa, Haut-Uele: La maison carcérale de Watsa, pourtant réputée solidement bâtie, cristallise désormais toutes les angoisses. Les évasions qui s’y succèdent avec une régularité troublante ne relèvent plus du simple incident sécuritaire, mais d’un possible dérèglement systémique. Face à cette situation, la Société civile révolutionnaire monte au créneau et interpelle vigoureusement les autorités.
Au cours d’un entretien accordé à la rédaction de Lumière Digitale Média, son coordonnateur, Mumbuya Pitshou, ne mâche pas ses mots. Après une descente sur le terrain, il affirme détenir des éléments troublants, susceptibles d’éclairer l’opinion sur les circonstances ayant précédé la dernière évasion en date, survenue le samedi 29 août 2026.
Selon le responsable de la société civile, un détenu aurait, avant l’évasion, expressément signalé l’imminence d’un danger au responsable de la prison. Mieux, le directeur de l’établissement carcéral aurait, à son tour, porté cette alerte par écrit à la connaissance des autorités compétentes. Une démarche préventive qui, selon Mumbuya Pitshou, n’a été suivie d’aucune mesure diligente.
Le coordonnateur met directement en cause l’Administrateur du territoire de Watsa ainsi que les autorités judiciaires, leur reprochant une inertie coupable dans le traitement d’informations qui auraient pu permettre de déjouer l’évasion. Ces accusations, graves, posent une question lancinante : à quoi servent les canaux d’alerte si, une fois activés, ils se heurtent au silence de la hiérarchie ?
L’élément le plus préoccupant avancé par Mumbuya Pitshou concerne l’introduction présumée d’une arme de type revolver dans l’enceinte carcérale. Selon ses informations, une femme aurait réussi à faire pénétrer cette arme, dans le but présumé de faciliter l’évasion de certains détenus présentés comme des bandits de grand chemin.
Plus troublant encore, cette tentative d’introduction aurait été préalablement signalée par un prisonnier au directeur, lequel aurait, une fois de plus, alerté les autorités par écrit. Si ces allégations venaient à être confirmées par une enquête officielle, elles mettraient en lumière une faillite abyssale des mécanismes de contrôle à l’entrée de la prison et une défaillance coupable dans la chaîne de commandement sécuritaire.
Pour la Société civile révolutionnaire, cette répétition des incidents révèle une absence criante de synergie entre les services de la Justice et ceux de l’Intérieur. Mumbuya Pitshou estime que ces deux ministères, pourtant complémentaires dans la gestion de la chaîne pénale et sécuritaire, doivent impérativement harmoniser leurs efforts pour restaurer l’autorité de l’État.
« Les évasions ne doivent pas devenir une musique nauséabonde aux oreilles de la population », martèle-t-il, appelant à des mesures structurelles urgentes pour sortir de ce cycle infernal.
Au-delà de la question sécuritaire, le coordonnateur pointe du doigt la responsabilité sociale de l’institution judiciaire. Il estime que le parquet ne saurait se contenter d’envoyer les prévenus en détention sans s’inquiéter de leurs conditions de vie. Il dénonce notamment l’insuffisance de l’approvisionnement alimentaire et une gestion opaque des amendes et frais imposés aux détenus.
« La responsabilité de l’État ne s’arrête pas à l’incarcération », insiste-t-il, rappelant que la garantie de conditions carcérales dignes est une obligation légale et morale.
Revenant sur la mort d’un prisonnier lors des récents événements, Mumbuya Pitshou apporte une nuance importante. Contrairement à certaines rumeurs, il affirme que le détenu abattu était porteur d’un couteau et aurait tenté de s’en prendre physiquement à un gardien. Le tir serait ainsi une riposte à une menace immédiate.
Si cette version, qui devra être validée par une enquête contradictoire, s’avérait exacte, elle replacerait le geste du gardien dans un cadre de légitime défense, sans pour autant absoudre les défaillances sécuritaires ayant conduit à cette extrémité.
Au terme de son plaidoyer, Mumbuya Pitshou laisse éclater sa frustration face à ce qu’il qualifie d’accumulation de négligences administratives. Pour lui, le déficit de responsabilité publique est tel qu’il confine au mépris envers les citoyens.
La Société civile révolutionnaire réclame désormais des explications claires, une enquête indépendante et des sanctions exemplaires, afin que la prison de Watsa cesse d’être perçue comme une forteresse de carton. Une question, lourde de sens, reste en suspens : à Watsa, qui protège réellement la population, et qui protège les protecteurs ?
Ces accusations et versions rapportées par Mumbuya Pitshou restent susceptibles d’être confirmées ou infirmées par les autorités compétentes au terme d’une enquête officielle.