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Conflit minier à Kutukutu : quand l’ombre d’un homme plane sur le droit minier dans le Haut-Uélé Une concession, deux prétendants, et un droit contesté

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Date de Publication : 1 day ago

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Tout se joue à Komu Mole, dans le groupement Kpegukobo, au cœur de la chefferie Mari-Minza, territoire de Watsa, province du Haut-Uélé. La concession minière de Kutukutu, objet de toutes les tensions, est aujourd’hui au centre d’un bras de fer qui oppose deux hommes : Jacques Mombongo Wilanga, administrateur en place, et Emmanuel Bule Mangbetu, dont les visées expansionnistes ne semblent plus souffrir aucun frein.

Jacques Mombongo Wilanga affirme détenir le droit minier sur Kutukutu depuis sept ans. Il se déclare en règle avec toutes ses obligations fiscales et légales. Face à lui, Emmanuel Bule Mangbetu, déjà présenté comme administrateur de trois autres concessions: Canana et Mamoroyi dans la chefferie de Mari-Minza, ainsi qu’une autre au village Zembe, dans le secteur Mangbetu , serait déterminé à s’emparer de Kutukutu. Selon des sources discrètes, l’homme ne cacherait plus son ambition : multiplier les concessions par tous les moyens.

Ce qui intrigue et scandalise dans ce dossier, c’est moins l’appétit d’un opérateur que l’attitude prêtée au chef de division provinciale des Mines du Haut-Uélé. Ce dernier semblerait pencher en faveur d’Emmanuel Bule Mangbetu, affichant une détermination à déloger Jacques Mombongo Wilanga de la tête de Kutukutu.

Pourtant, le gouverneur de la province,  aurait décidé de surseoir à l’exécution de cette décision. Un geste interprété comme une volonté d’apaisement, de vérification des faits et de reprise du dossier sur des bases légales. Mais cette mise en pause suffira-t-elle à dissiper les soupçons ?

Car l’attitude du patron provincial des Mines laisse libre cours à des allégations graves : celles d’une motivation suscitée par l’échange de quelques billets verts. Des accusations que l’intéressé n’a pas encore formellement confirmées ou infirmées, mais qui pèsent déjà lourdement sur la crédibilité de l’administration minière.

La question mérite d’être posée sans détour : sur quelle base légale un exploitant présenté comme étant en règle avec l’État pourrait-il être remplacé ? Si les textes ne prévoient pas un tel mécanisme, alors c’est bien l’arbitraire qui menace. Et avec lui, toute la sécurité juridique des investissements miniers dans la province.

Au-delà du seul cas de Kutukutu, cette affaire révèle une problématique plus vaste : celle de la gouvernance du secteur minier dans le Haut-Uélé. Si les accusations se confirmaient, il ne s’agirait plus d’un simple différend entre deux opérateurs, mais du symptôme d’une maladie plus profonde — une administration minière devenue le théâtre de rapports de force, d’influences et d’intérêts particuliers.

Le service des Mines doit-il rester un arbitre impartial ou devenir le terrain où certains acteurs imposent leurs vues ? Et surtout : qui protège l’exploitant qui respecte ses obligations lorsque son titre, son activité ou sa position administrative sont contestés ?

L’ affaire Kutukutu appelle des documents, pas des arrangements. Les pièces administratives, les titres miniers, les quittances fiscales et les correspondances officielles doivent parler avant les réseaux d’influence. Le gouverneur Jean Bakomito Gambu est désormais interpellé sur la nécessité de faire toute la lumière sur ce dossier.

Il en va de la crédibilité de l’État congolais dans la gestion de ses ressources. Il en va aussi de la confiance des opérateurs économiques, nationaux comme étrangers. En laissant prospérer l’ambiguïté, le Haut-Uélé risque de transformer un simple litige minier en un nouveau scandale administratif.

Patrick Tawaba


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