Watsa en insécurité : l'honorable Bismick BOELE met l'État au pied du mur
Dans une déclaration d'une rare densité, l'élu de Watsa dresse un diagnostic sans complaisance de la situation sécuritaire dans le Haut-Uele et trace une ligne de conduite claire : responsabilité de l'État, vigilance citoyenne et refus de la justice populaire.
Le territoire de Watsa n'est plus épargné par le fléau de l'insécurité. L'honorable Bismick BOELE, député provincial de Watsa, l'a affirmé sans détour lors de son point de presse de ce dimanche 13 septembre 2026 : la situation sécuritaire est « très préoccupante ». Trois menaces distinctes pèsent sur la région : les incursions terroristes des ADF et groupes affiliés, le banditisme armé local, et les défis de sécurité sanitaire.
« Le banditisme urbain et périurbain touche désormais une grande partie du pays. Watsa n'est donc pas un cas isolé, même si la gravité de la situation y est particulièrement ressentie par la population », a-t-il déclaré, refusant de minimiser l'ampleur du phénomène.
Les faits rapportés dans la région sont alarmants : viols, vols à main armée, braquages de commerces, attaques contre des opérateurs économiques, et implication présumée de certains agents des services de sécurité. Un tableau qui nourrit un sentiment d'abandon et d'impunité au sein de la population.
L'honorable Bismick BOELE ne se contente pas de constater. Il rappelle avec fermeté que la protection des personnes et des biens incombe en premier lieu à l'État. Il salue l'existence d'une loi de programmation destinée à réformer la police, dont les axes sont clairs : amélioration de la formation, équipements et logistique adéquats, augmentation des effectifs, professionnalisation, et lutte contre la corruption et les complicités criminelles.
Mais il pose une exigence : celle de l'immédiateté.
« Il ne suffit pas d'attendre indéfiniment la mise en œuvre complète de la réforme : la population a besoin de sécurité immédiatement. »
Et d'ajouter, avec une pointe de gravité :
« L'État ne devrait pas se contenter de constater ou de déplorer l'insécurité. Un gouvernement doit assumer ses responsabilités, rechercher des solutions et assurer concrètement la protection des citoyens. »
Interrogé sur le couvre-feu en vigueur, l'élu le qualifie de « mesure exceptionnelle et temporaire », destinée à permettre aux services de sécurité de contrôler les déplacements, de rechercher des armes et d'appréhender les suspects. Mais il met en garde contre tout excès :
« Cette mesure doit reposer sur des informations fiables et produire des résultats concrets. Elle ne peut pas devenir une privation prolongée de liberté sans justification claire. »
Les autorités doivent, selon lui, expliquer les objectifs, mener les opérations nécessaires et revenir rapidement à une situation normale dès que la menace est maîtrisée.
L' élu de Watsa lance un appel solennel à la responsabilité citoyenne. « Se prendre en charge », dit-il, ne signifie ni remplacer la police ou l'armée, ni recourir à la justice populaire. Cela signifie rester vigilant, transmettre les informations aux autorités et éviter de laisser les groupes armés agir librement.
Il condamne avec la même vigueur les actes de justice populaire :
« Seule une police professionnelle, agissant dans le respect de la loi, peut rétablir durablement la confiance. »
Aux habitants de Watsa, il adresse un message limpide : utiliser le téléphone, signaler les suspects, coopérer avec les services de sécurité, refuser d'héberger les bandits sous prétexte qu'ils sont des proches ou des voisins.
« Le patriotisme consiste aussi à dénoncer les actes criminels et à coopérer avec les autorités, sans se substituer à la justice. »
L'insécurité, rappelle-t-il, freine les investissements, décourage les entrepreneurs et fragilise les familles. Les zones minières et frontalières, particulièrement exposées, exigent une vigilance accrue. Il appelle enfin les autorités à distinguer les véritables patriotes des groupes qui usurpent le nom de mouvements d'autodéfense.
En définitive, l'honorable Bismick BOELE incarne une voix qui refuse à la fois le fatalisme et l'improvisation. Sa ligne est claire : un État qui assume, une population qui collabore, et une justice qui protège plutôt qu'elle ne se substitue à elle-même. Un équilibre difficile, mais nécessaire, pour que Watsa retrouve la paix.