Dialogue national, budget provincial et délocalisation minière : l'honorable Bismick BOELE trace les chemins de la gouvernance responsable
Entre l'ouverture imminente de la session budgétaire, le dialogue national annoncé par le chef de l'État et le controversé atelier de Giro Gold, l'élu de Watsa pose les jalons d'une gouvernance fondée sur la transparence, la préparation et l'évaluation rigoureuse.
Les vacances parlementaires touchent à leur fin. L'Assemblée provinciale du Haut-Uélé s'apprête à ouvrir la session budgétaire de septembre, la deuxième grande session annuelle après celle de mars. Un moment charnière, car il s'agit de préparer le budget de l'année suivante.
L'honorable Bismick BOELE refuse de résumer la gestion provinciale à un jugement binaire. Sa méthode ? Évaluer le gouvernement à partir de son programme officiel et de son budget.
« Un programme gouvernemental fixe les grandes orientations pour la durée du mandat. Le budget doit traduire ces orientations en ressources et en actions concrètes. »
Restauration de l'autorité de l'État, sécurité, économie, tourisme, éducation, infrastructures, emploi : autant de domaines où il convient de comparer les objectifs annoncés aux réalisations effectivement livrées à la population.
L'élu ne mâche pas ses mots. Si certaines lignes budgétaires existent pour les routes, les forages et le tourisme, il estime qu'il faut vérifier sur le terrain ce qui a réellement été réalisé.
« Plusieurs routes sont utilisées alors qu'elles ne sont pas encore officiellement achevées ou livrées. »
Il propose que journalistes, élus et population vérifient ensemble l'état des travaux, afin d'éviter « les annonces non suivies d'effets ». Le potentiel touristique du Haut-Uélé, notamment le site de Niangara, reste selon lui largement sous-exploité, malgré les budgets alloués. Un constat qui appelle à un suivi plus rigoureux et à une meilleure transformation des ressources en réalisations visibles.
L'honorable Boyele défend avec conviction le rôle de contrôle de l'Assemblée provinciale. Interpellations, questions aux ministres, motions : autant de mécanismes démocratiques normaux.
« Une interpellation ne constitue pas automatiquement une condamnation. La personne interpellée doit pouvoir répondre et bénéficier de la présomption d'innocence. »
Il révèle avoir participé à une démarche parlementaire visant à mettre en cause la gestion du gouverneur, sur la base d'éléments qu'il juge fiables. Mais il pose une condition :
« Une action parlementaire doit être mûrement réfléchie et produire des résultats pour la population. Les élus ne devraient pas agir uniquement pour attirer l'attention sur les réseaux sociaux ou améliorer leur réputation personnelle. »
Interrogé sur le dialogue annoncé par le chef de l'État, l'honorable Bismick BOELE adopte une position équilibrée. Il reconnaît que le président de la République est « la personne la mieux informée de la situation nationale » et qu'il dispose de la compétence nécessaire pour prendre une telle initiative. Il rappelle que le dialogue fait partie de la culture congolaise et africaine.
Mais il avertit :
« Un dialogue ne doit pas être organisé sans contenu ni objectifs précis. La RDC a déjà connu plusieurs dialogues ; il faut éviter de reproduire les mêmes formats sans tirer les leçons des expériences précédentes. »
Selon lui, il faut distinguer les problèmes internes du pays des agendas étrangers qui peuvent se cacher derrière certains conflits. Le dialogue devrait traiter les crises politiques nationales, la cohésion sociale et les difficultés économiques, tout en préservant la souveraineté du pays.
Aux jeunes, il lance un appel vibrant :
« Ne restez pas de simples spectateurs. Préparez-vous, réfléchissez à vos priorités et participez activement au processus afin que vos préoccupations soient réellement prises en compte. »
L'atelier organisé par Giro Gold à Giro, sur le processus de délocalisation et la consultation des populations, a aussi suscité la réaction de l'élu, qui se présente à la fois comme expert des questions minières et élu de Watsa. Il regrette que les institutions et les représentants de la population n'aient pas été officiellement informés suffisamment tôt.
« Un projet minier de cette importance ne doit pas être traité de manière improvisée. Les députés provinciaux, les députés nationaux, les sénateurs et les autres représentants concernés doivent recevoir une information officielle et être associés aux discussions. »
Il ne rejette pas le projet en soi. Il rappelle que ce type d'initiative peut créer des richesses et favoriser le développement, à condition que les retombées profitent à toutes les parties : l'État, l'entreprise et la population.
« Je suis disposé à examiner les propositions de l'entreprise et à faire connaître le point de vue des institutions et des citoyens. »
À travers ces trois dossiers :sécurité, dialogue national, gestion provinciale ; l'honorable Bismick BOELE dessine une même exigence : celle d'une gouvernance préparée, transparente et évaluable. Ni angélisme, ni catastrophisme. Une méthode : comparer les promesses aux actes, les budgets aux réalisations, les discours aux résultats.
À l'heure où le Haut-Uélé s'apprête à débattre de son avenir budgétaire, et où la nation s'interroge sur son dialogue, cette voix appelle à une chose simple mais exigeante : que la politique redevienne le lieu où l'on rend des comptes.