Ebola dans le Haut Uele : Le Chef Paulin KOMBOMARO organise la riposte dans le secteur Gombari
Alors que la province du Haut-Uélé fait face à une résurgence du virus Ebola, la zone de santé de Gombari, la plus vaste du territoire de Watsa, se mobilise. Entre sensibilisation, équipements et mesures barrières, le chef de secteur Paulin KOMBOMARO appelle à une prise de conscience collective.
La menace est invisible, mais ses ravages sont bien réels. « Cette maladie due au virus Ebola ne pardonne pas », avertit d'emblée Paulin KOMBOMARO, chef du secteur de Gombari, lors d'un entretien accordé à la presse réunie à Wanga, ce 15 septembre 2026. La zone de santé de Gombari, qui couvre la quasi-totalité des entités du territoire de Watsa à l'exception du secteur Mangbutu et de la chefferie de Walese , est désormais en première ligne.
Tout a commencé par un cas isolé à l'hôpital de Mungbere. « Ce patient est venu pour recevoir des soins. Beaucoup n'ont pas pu le sauver, et au moment où nous n'avions pas d'équipements nécessaires pour la riposte, ce frère est décédé », relate le chef de secteur, la voix empreinte d'émotion. Très vite, un autre cas est apparu parmi les infirmiers qui avaient soigné le défunt. L'alerte était donnée.
Conscient de la gravité de la situation, le gouverneur de province a convoqué les autorités à Isiro, puis à Wamba, foyer historique du virus dans le Haut-Uélé. « Nous sommes allés dans le territoire de Wamba, entourés des députés nationaux et des sénateurs, des représentants de tous les territoires, pour mobiliser la population, l'informer, la convaincre que cette maladie est présente », explique Paulin KOMBOMARO. Car le défi est aussi culturel : « Chez nos frères du territoire de Wamba, ils ne croyaient pas que la maladie existait. »
Aujourd'hui, les équipements sont arrivés. « Nous avons des équipements à l'hôpital de Mungbere, à l'Hôpital général de référence de Gombari, au centre de santé de référence de Wanga », énumère le chef. Mieux : le gouverneur a doté la zone de santé d'une ambulance pour la prise en charge des patients. « Autrefois, quand quelqu'un tombait malade, nous l'emmenions dans notre ambulance habituelle. Cette fois-ci, le gouvernement a agi plus vite, car il connaît le danger. »
Sur le terrain, la riposte s'organise. « Nous avons tenu des réunions, convoqué les responsables des associations, des églises, pour les informer que la prise en charge est personnelle », détaille le chef Paulin KOMBOMARO. Dans tous les espaces publics, buvettes, hôtels, marchés, des seaux à robinet pour le lavage des mains avec du savon ont été installés. « Nous demandons à la population de se procurer individuellement des désinfectants à porter sur soi, même des produits locaux. »
Mais un point sensible demeure : les écoles. « Les enfants sont jeunes, il est difficile pour eux de respecter les règles et les mesures barrières. Ils vont toujours jouer ensemble, s'embrasser. » Face à ce constat, le secteur a commencé à fournir des seaux à robinet à toutes les écoles. « Quand les enfants rentrent à la maison, ils doivent obligatoirement se laver les mains avant d'aller chez leurs parents. » Un effort qui s'étendra progressivement à tous les établissements du centre de Wanga et deg l'intérieur.
Alors que la maladie continue de faire des victimes, une lueur d'espoir pointe : « Une personne est déjà sortie du centre de traitement. Elle est déclarée guérie. Nous espérons que ces autres patients reviendront guéris. »
En conclusion, le chef de secteur lance un appel solennel : « La maladie est là. Le virus Ebola tue. Il y a des numéros verts que l'équipe de riposte a mis en place ; on peut appeler gratuitement. » Et de rappeler les gestes essentiels : « Lavons-nous les mains à chaque occasion et tout le temps. Ne donnons pas la main. Utilisons des désinfectants. » Un message de salut public, porté avec la conviction de ceux qui savent que la lutte contre l'épidémie commence par une prise de conscience collective. « Se protéger, c'est protéger aussi nos amis. »