Haut-Uele : Emmanuel INIKUTIRO fustige un « gouvernement de stagiaires » et une aide humanitaire « théâtrale » à Mungbere
De Watsa à Kinshasa, l’indignation ne retombe pas. Emmanuel INIKUTIRO, fils de Watsa, monte au créneau et accuse l’exécutif provincial de Jean Bakomito Gambu de gouverner loin du peuple, dans la médiocrité et le mépris. Au cœur de sa charge : un couvre-feu sans résultats et une assistance aux déplacés de Mungbere qu’il qualifie d’insulte.
Il n’a pas mâché ses mots. Bien que loin de sa terre natale, Emmanuel INIKUTIRO affirme suivre de près l’évolution sécuritaire du Haut-Uele. Et ce qu’il observe, dit-il, n’est rien d’autre qu’une insulte faite à tout un peuple. « Après plusieurs années au pouvoir, ce gouvernement continue de se comporter comme un gouvernement des stagiaires, au mépris total de ses gouvernés », dénonce-t-il.
Premier grief : le couvre-feu décrété pendant plusieurs semaines dans le Haut-Uele. Pour Emmanuel INIKUTIRO, le constat est accablant : avant comme après, rien n’a changé. Des bandits armés ont pillé, violé et tué à toute impunité, devant des services de sécurité impuissants et dépassés. « Un couvre-feu qui n’a rien empêché, ni avant ni après, n’est pas une mesure de sécurité : c’est l’aveu public d’un pouvoir dépassé », tonne-t-il.
Selon lui, la redevabilité commandait que le gouvernement provincial revienne devant les Haut-Uéliens expliquer à quoi a servi ce mécanisme exceptionnel. « Le gouvernement devait dire la vérité à son peuple. Son silence est une seconde faute », insiste-t-il. Lever une telle mesure sans résultat, ajoute-t-il, prouve à suffisance les abois d’un exécutif défaillant.
Deuxième grief : l’aide humanitaire allouée aux habitants de Mungbere, qui ont commencé à regagner la cité après plusieurs mois de déplacement, fuyant les affrontements entre les FARDC et les présumés ADF NALU. Emmanuel INIKUTIRO regrette que, après des mois d’attente et de patience, cette population meurtrie ait reçu ce qu’il considère comme une aumône dérisoire : « dix verres de riz, dix verres de haricots, un savon de 1 000 FC, un demi-litre d’huile; à quoi ça sert pour le responsable d'un foyer , même de trois personnes ? Ce vivre peut tenir combien de jours ?».
« À Mungbere, on a osé appeler “aide humanitaire” cette misère. Ce n’est pas une assistance, c’est une insulte à la douleur d’un peuple », s’indigne-t-il. Et d’enfoncer le clou : « Six matelas pour tout un quartier ! En matière de médiocrité, ce gouvernement aura tout osé. »
Pour lui, le gouvernement Bakomito a eu le temps, les moyens et l’obligation morale d’organiser une assistance consistante et responsable aux déplacés. Il ne l’a pas fait. « Quand on mobilise tambours, médias et réseaux sociaux pour distribuer des miettes, ce n’est plus de l’humanitaire, c’est du théâtre. Une aide théâtrale pour distraire l’opinion », fustige-t-il.
Emmanuel INIKUTIRO le dit sans détour : la patience a ses limites. Pour lui, ce gouvernement provincial décevant doit soit se remettre en question, soit quitter le pouvoir. « Que le gouverneur Jean Bakomito Gambu se ressaisisse ou qu’il jette l’éponge. La population en a marre de subir les conséquences de la médiocrité de dirigeants inconscients et sadiques », prévient-il.
Un avertissement qui, loin d’être un simple coup de gueule, résonne comme un réquisitoire contre une gouvernance provinciale accusée d’avoir abandonné les siens. Dans le Haut-Uele, la colère monte. Et avec elle, l’exigence d’un pouvoir enfin à la hauteur de la détresse du peuple.