Insécurité persistante à Watsa : la société civile s’organise face à la recrudescence des violences
Watsa, le 19 juin 2025 La cité de Durba, dans le secteur Kibali en territoire de Watsa, reste en proie à une insécurité grandissante, marquée par des attaques répétées contre les populations et les opérateurs économiques. Face à cette situation alarmante, la cinergie de la société civile, a tenu une réunion d’urgence ce jeudi 19 juin 2025, afin de trouver des solutions durables.
Dans un témoignage poignant, Joseph Mamuzi, Coordonnateur de la société civile Forces vives du secteur Kibali, a dressé un tableau sombre de la situation : « Nous avons un problème sécuritaire persistant dans notre entité. Quotidiennement, nous perdons nos frères et nos biens. Nos opérateurs économiques en sont aussi victimes. La communauté est à la merci des brigands, qui opèrent avec des armes blanches et parfois à feu. »
Malgré les multiples interpellations des autorités, les mesures prises jusqu’ici se sont révélées inefficaces. « Plusieurs fois, les autorités ont été saisies pour y remédier, mais cela s’est soldé par une issue défavorable », a-t-il déploré.
Justifiant l’initiative de cette rencontre, Monsieur Joseph Mamuzi a expliqué : « Nous nous sommes sentis dans l’obligation de convoquer tous les acteurs de la société civile et les leaders d’opinion pour essayer d’y réfléchir. » Les discussions ont porté non seulement sur l’insécurité à Durba, mais aussi sur celle qui sévit dans les périmètres miniers de Yezu Aza Bien et Mbula-Mbula.
Selon lui, les violences dans ces zones minières seraient liées à « des méconduites de certains dirigeants et exploitants ». Promettant d’approfondir l’enquête, il a annoncé une descente sur le terrain pour recueillir des détails précis sur « la crise de leadership qui y fait rage ».
Interrogé sur la possibilité de recourir à l’incivisme fiscal pour contraindre les autorités à agir, M. Mamuzi s’est montré mesuré : « Il est peut-être tôt d’évoquer cette option, car cela nécessite des procédures à suivre. » Pour lui, la responsabilité de l’insécurité est partagée entre l’État et la communauté.
Privilégiant une approche progressive, il a indiqué que la société civile explore d’abord toutes les voies de dialogue : « La rencontre d’aujourd’hui était avec nos leaders communautaires. Demain, ce sera avec le conseil territorial de sécurité, puis avec nos élus. Si rien ne change, nous prendrons une décision plus ferme. »
Si la réunion n’a pas abouti à une résolution définitive, elle a tout de même permis des avancées. Une recommandation a été adoptée, enjoignant les leaders à sensibiliser leurs communautés respectives sur la vigilance.
Monsieur Joseph Mamuzi a également salué les efforts des forces de l’ordre : « Nous invitons à une franche collaboration de notre population avec nos services de sécurité. Nous sommes témoins du travail abattu par notre police, qui produit déjà des résultats. Hier encore, nous avons vu des présumés criminels détenus au cachot. »
John Oriane, jeune notable présent à la réunion, a abondé dans le même sens, déplorant « les cas répétitifs d’insécurité qui font déjà couler beaucoup de salive ». Tout en gardant espoir dans les résolutions issues des discussions, il a exhorté les autorités à « se mettre au travail » et rappelé l’importance de la vigilance citoyenne.
Dans l’attente d’actions concrètes, la société civile reste mobilisée, déterminée à ne pas laisser la peur s’installer durablement dans le quotidien des habitants de Watsa.