Durba : La Société Civile et les Chambres de Commerce en Désaccord sur l’Incivisme Fiscal comme Moyen de Pression
Ces derniers jours, la synergie de la société civile de Durba a décrété l’incivisme fiscal comme mesure de pression pour contraindre le gouvernement congolais à résoudre l’insécurité persistante dans le territoire de Watsa, particulièrement dans la cité de Durba. Toutefois, les chambres de commerce locales se sont rapidement distanciées de cette initiative, affirmant ne pas y avoir été associées.
Monsieur Patricien Masudi, Secrétaire de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) à Watsa, a exprimé sa surprise face à cette décision : « Nous n’avons pas été consultés. En tant que chambre de commerce, notre rôle est d’encadrer les opérateurs économiques, et nous sommes les seuls habilités à le faire. Si la société civile décrète un incivisme fiscal sans nous concerter, nous ne pouvons pas nous y associer. »
Il a mis en garde contre les conséquences d’une telle mesure : « Si les opérateurs économiques ne paient pas leurs taxes, l’État ne reste pas inactif. Demain, il exercera son droit de rappel, réclamant les impôts des quatre à cinq dernières années. » Craignant que leurs membres ne subissent des pénalités une fois la situation sécuritaire rétablie, il a martelé : « Nous ne sommes pas d’accord avec cet incivisme fiscal. En tant que FEC, nous nous y opposons fermement. »
Bien qu’il reconnaisse que les opérateurs économiques soient parmis les victimes de l’insécurité, il estime qu’il existe d’autres canaux pour exiger des mesures sécuritaires. « L’insécurité ne sévit pas qu’à Watsa : Kinshasa, Kisangani et partout dans d'autres coin du pays, sans qu’on y décrète l’incivisme fiscal. Pourquoi une telle particularité ici ? » Sous-entendant des motivations politiques derrière cette décision, il a conclu avec fermeté : « Nos membres doivent continuer à payer leurs taxes pour éviter des sanctions. »
Une position similaire a été exprimée par Monsieur Paluku Lusasa, président de la Fédération Nationale des Petites et Moyennes Entreprises du Congo (Fenapec) à Durba. Tout en reconnaissant le bien-fondé des préoccupations de la société civile, il juge la mesure excessive : « Nous sommes tous victimes de l’insécurité, mais décréter l’incivisme fiscal est disproportionné. »
Il a rappelé que la majorité des taxes avaient déjà été acquittées, ne laissant qu’un reliquat minimal. « Si nous arrêtons de payer aujourd’hui, et que la situation s’améliore dans quelques mois, ce sont nous, opérateurs économiques, qui devrons assumer les pénalités pour retard de paiement. » Tout en appelant l’État à assumer ses responsabilités sécuritaires, il a exhorté ses membres à « rester calmes et s’acquitter des taxes restantes en attendant une réponse des autorités. »
Cette divergence révèle une fracture entre la société civile et les représentants économiques, soulignant l’absence d’une stratégie unifiée pour peser sur les autorités. Si la synergie civile maintient son appel à l’incivisme fiscal, son isolement face aux chambres de commerce questionne sa capacité à fédérer les acteurs locaux autour d’une vision commune.
En définitive, cette situation met en lumière les défis de la mobilisation citoyenne dans un contexte où les impératifs économiques et les revendications sécuritaires peinent à trouver un équilibre. Reste à savoir si l’État congolais saisira l’urgence d’une réponse tangible, avant que cette crise ne s’enlise davantage.