Une macabre découverte dans l’enclos de Kibali Gold Mining : entre négligence et soupçons de trafic d’organes
Durba Watsa, il y a quelques jours un corps sans vie a été retrouvé,aux environs de l'aérodrome de Doko dans l’enceinte de la gigantesque mine Kibali Gold Mining, soulevant de graves interrogations quant aux conditions de sa découverte et aux circonstances obscures entourant son décès. Se confiant à la rédaction de Lumière Digitale Média, Joseph Mamuzi, porte-parole de la société civile Force Vive,du secteur Kibali n’a pas caché sa stupéfaction face à un tel drame.
« Qu’une personne puisse décéder et que ce ne soit que plus de deux semaines plus tard que l’on retrouve sa dépouille, malgré les dispositifs logistiques et sécurités déployés, policiers et gardes industriels, est pour le moins surprenant », a-t-il déclaré, visiblement indigné. Alors que l' inhumation du défunt ont déjà été ordonnées par le parquet près le tribunal de paix de Watsa, les questions s’accumulent.
« On se demande si des investigations sérieuses ont été menées pour identifier la victime, comprendre comment elle a pu accéder à cet enclos, dont l’accès est pourtant strictement réservé, et déterminer les causes réelles de sa mort », s’interroge Joseph Mamuzi. Une opacité qui, selon lui, nourrit un sentiment d’abandon parmi les employés congolais de la mine.
La manière dont cette affaire a été gérée donne l’impression que les travailleurs de Kibali ne sont plus considérés comme des frères congolais, membres à part entière de la communauté. « Pourtant, ce n’est pas le cas », a insisté le coordonnateur de la société civile. « Nous sommes intrinsèquement liés à leur sort, car ils font partie des nôtres. Ils ne sont là que pour le travail. »
Mais au-delà de la négligence apparente, des rumeurs sinistres circulent. Selon plusieurs sources, le corps de la victime aurait été retrouvé mutilé, privé de certains organes, laissant craindre un possible trafic. « Ces allégations sont d’autant plus crédibles que la communauté n’a pas été associée aux constatations ni à l’exhumation », déplore Joseph Mamuzi.
Le défunt, connu localement sous le nom de Mazalia Héritier, aurait été identifié par des proches. Pis encore, les noms de certains suspects impliqués dans ce qui pourrait être un meurtre prémédité circuleraient déjà. Face à cette situation explosive, Joseph Mamuzi refuse toute complaisance.
« Nous exigeons des autorités judiciaires qu’elles fassent toute la lumière sur cette mort, qu’elles identifient les coupables et les traduisent en justice pour qu’ils répondent de leurs actes conformément à la loi », martèle-t-il. Un appel à la transparence et à l’équité, dans un dossier où l’ombre du crime organisé plane désormais.
Alors que l’enquête, officielle, peine à convaincre, la pression monte pour que justice soit rendue, non seulement pour Mazalia Héritier, mais aussi pour rassurer une communauté traumatisée par ce drame aux relents inquiétants.