Tragédie au site minier à Yesu Aza Bien : la société civile dénonce l’inaction de l’État et l’escalade de la violence
Watsa, Province du Haut-Uele, Un drame évitable a une fois de plus endeuillé le secteur minier artisanal de la contrée. Joseph Mamuzi, coordonnateur de la société civile Force Vive dans le Secteur Kibali, a exprimé sa profonde consternation suite à l’incident meurtrier survenu sur le site de Yesu Aza Bien. Dans une déclaration faite à la rédaction de lumière digitale Média , il a présenté ses condoléances aux proches de la victime, à la communauté des exploitants artisanaux, ainsi qu’à l’ensemble de la population de Watsa.
Monsieur Joseph Mamuzi n’a pas manqué de fustiger l’indifférence persistante des autorités face aux signaux d’alarme répétés. « Une simple responsabilité étatique aurait pu éviter ce drame », a-t-il déploré, rappelant que des appels à la médiation entre les parties en conflit avaient été lancés depuis des mois, en vain. « Nous avons même proposé la suspension temporaire de ce site minier, tant les tensions y étaient explosives. Hélas, le ministre provincial s’est contenté de fermer des sites moins sensibles, ignorant délibérément Yesu Aza Bien », a-t-il regretté.
Aujourd’hui, le pire est arrivé. Un exploitant artisanal a perdu la vie, abattu sous les ordres présumés de Monsieur Freddy, selon les accusations portées par le coordonnateur. « Cela fait des mois que ces militaires sont à sa solde. Comment une association minière peut-elle disposer d’hommes armés ? On croirait assister à une insurrection », s’est-il indigné, dénonçant une déliquescence alarmante de l’autorité publique.
La situation à Watsa révèle un inquiétant dysfonctionnement des institutions. « Notre service de sécurité et notre justice sont pris en otage par des individus sans scrupules », a affirmé Monsieur Joseph Mamuzi, soulignant l’absence de mesures répressives adéquates depuis le drame. « Ce silence risque d’entériner l’impunité et d’encourager de nouvelles violences », a-t-il averti.
Sur place, la confusion règne. Si certains protagonistes ont été interpellés par la police, d’autres ont pris la fuite. Le corps de la victime, toujours non identifiée, repose à la morgue de Centre Hospitalier Kibali, en attendant que sa famille soit localisée. Le bilan exact reste incertain, mais plusieurs blessés sont soignés dans les structures sanitaires locales.
Face à cette crise, Joseph Mamuzi en appelle à la retenue et à la responsabilité collective. « Nous exhortons la communauté à éviter tout embrasement supplémentaire », a-t-il insisté, tout en interpellant les forces de sécurité et la justice à agir avec célérité et fermeté.
Reste à savoir si les autorités provinciales et nationales entendront enfin cet appel. Car derrière les mots se cache une réalité implacable : sans une intervention déterminée de l’État, les mines artisanales du Haut-Uele risquent de sombrer davantage.