Kokiza dans l’obscurité : les revendications légitimes des Personnes Affectées par le Projet (PAP) face à Kibali Gold Mining
Watsa, le 19 juillet 2025 Depuis plus d’un mois, la cité de Kokiza, située dans la chefferie Bari-Logo en territoire de Watsa, est plongée dans le noir. Ce samedi, à l’issue d’une réunion des forces sociales, Monsieur Ogwayo Ewadha, président de l’association Personnes Affectées par le Projet (PAP) lié à la société Kibali Gold Mining, s’est exprimé devant la presse, détaillant les enjeux d’un combat vieux de plus d’une décennie.
« Il s’agissait d’une troisième réunion consécutive statuant sur le dossier de l’électricité et des infrastructures dans la cité de Kokiza », a déclaré Monsieur Ogwayo Ewadha. Malgré les multiples sollicitations adressées aux autorités compétentes, aucune suite favorable n’a été réservée aux requêtes des habitants.
« Aujourd’hui, il était question de réfléchir aux dispositions à prendre, étant donné que nos lettres sont restées sans réponse», a-t-il poursuivi, soulignant l’urgence d’une résolution définitive.
Au cœur des revendications : la gestion de l’électricité, offerte lors de la délocalisation des populations. « Pendant notre relocalisation, l’électricité faisait partie de notre indemnisation. Mais nous avons été surpris de constater que Kibali, après nous l’avoir octroyée, l’a confiée à un autre partenaire sans nous consulter », a déploré le président des PAP.
Un contentieux persistant depuis 2014, que la communauté entend désormais clore. « Il est temps d’en finir une fois pour toutes », a-t-il martelé, appelant à une négociation transparente avec la société minière.
Malgré les échecs antérieurs, Monsieur Ogwayo Ewadha reste optimiste, comptant sur l’État de droit pour faire valoir les droits des habitants. « Nul n’est au-dessus de la loi. Cette fois-ci, Kibali doit venir à la table des négociations. L’époque où l’on sapait l’autorité de l’État est révolue. Avec le nouveau gouvernement, le Congo est désormais sur une autre voie, d'un État de droit », a-t-il affirmé.
Si aucune décision finale n’a encore été prise, les consultations se poursuivent avec toutes les couches sociales, en vue d’actions d’envergure.
Au-delà de la question électrique, le président des PAP a dénoncé les irrégularités entachant le projet de relocalisation. « Les maisons d’habitation, les écoles, les églises… ne correspondent pas aux fonds alloués pour leur construction. L’argent a été sérieusement détourné. Tôt ou tard, il faudra ouvrir une enquête et sanctionner les responsables », a-t-il insisté.
Il a également évoqué le blocage passé des ONG, comme Pax, par des autorités peu soucieuses du bien-être populaire. Mais aujourd’hui, l’espoir renaît : « Avec le nouveau gouvernement, nous croyons en un changement. »
Monsieur Ogwayo Ewadha a également défendu la capacité des entrepreneurs locaux à gérer les projets sociaux de Kokiza. « Il est inadmissible qu’on nous importe des partenaires pour gérer nos affaires. Ici, nous avons des entrepreneurs de qualité, capables de réaliser ce que d’autres prétendent faire à notre place. »
Enfin, il a appelé à la mobilisation citoyenne pour l’entretien des routes, bien commun essentiel au développement. « Nous encourageons les jeunes qui s’investissent dans les travaux communautaires. Nous exhortons aussi les riverains à éviter tout comportement incivique détériorant la chaussée. »
En conclusion, le président des PAP a invité tous les habitants à l’union pour revendiquer leurs droits. « L’électricité et les infrastructures sont des clés majeures pour notre économie. Il est capital que le courant soit rétabli, surtout à l’approche de la rentrée scolaire. »
Un message clair, porteur d’espoir, mais aussi un rappel : la lutte pour la justice et le développement de Kokiza ne peut aboutir que dans l’unité et la persévérance.