Haut-Uélé : le pont Kibali en Dangé, les ingénieurs d’ASINA lancent un cri d’alarme
À peine un an après sa réhabilitation, le pont sur la rivière Kibali, essentiel à la région, est déjà menacé. Le 6 août 2025, un camion porte-char, par la maladresse de son conducteur, a violemment percuté le garde-fou de l’ouvrage, provoquant des déformations visibles et préoccupantes.
L’Association des Ingénieurs et Architectes du territoire de Watsa (ASINA/watsa), par la voix de son président, l’Ingénieur Christophe Dema, a dénoncé "une négligence inacceptable dans l’usage de cette infrastructure vitale", lors d’un entretien accordé à Lumière Digitale Média.
"Qu’un tel dommage survienne si peu de temps après les travaux de réhabilitation témoigne d’un manque criant de respect pour les règles en vigueur" a déploré cet expert en génie civil.
Ce pont, qui enjambe la rivière Kibali, revêt une importance cruciale tant pour les échanges locaux, reliant les cités de Durba et Watsa, que pour le trafic régional, notamment via la route nationale N°26. Sa détérioration compromet non seulement la sécurité des usagers, mais aussi le développement économique de la province. Par le passé, son effondrement avait entraîné des pertes humaines et matérielles considérables.
Face à ce constat alarmant, les ingénieurs d’ASINA formulent des recommandations pressantes :
- Le strict respect des limitations de tonnage, avec un contrôle rigoureux par les services compétents (ITPR) ;
- Des inspections renforcées pour les poids lourds empruntant l’ouvrage ;
- Une campagne de sensibilisation à l’intention des transporteurs, les exhortant au respect des réglementations.
- Une descente sur le lieu de l'Office de route pour évaluer l'incident et en tirer les conséquences.
"Sans action immédiate, nous risquons de perdre définitivement cet ouvrage stratégique", insistent-ils.
En conclusion, l’association en appelle à une prise de conscience collective car : protéger le pont Kibali, c’est "préserver des vies, des emplois, et l’avenir de toute une région". Les autorités compétentes sont vivement interpellées pour agir sans délai.