La Marginalisation Silencieuse du Haut-Uele : Cri d' Emmanuel Inikutiro un Fils Indigné, qui interpelle
Kinshasa, le 10 août 2025 – La composition du gouvernement Siminwa II, dévoilée ce 8 août, a suscité un silence assourdissant dans la province du Haut-Uele, une absence de réaction qui interpelle et inquiète profondément. Emmanuel Inikutiro, étudiant et chercheur en droit à la faculté de Kinshasa, jeune ressortissant de cette province reléguée à la portion congrue, un unique ministère de second plan (Genre, Famille et Enfant), rompt ce mutusmordicus pour exprimer une indignation croissante et dénoncer une marginalisation systémique.
« Je suis désagréablement surpris par l'indifférence, par ce silence que je serais tenté de qualifier de complice, de la part de nos leaders politiques », déclare-t-il avec une véhémence contenue. « Comment peut-on s'incliner devant une telle injustice, une telle discrimination flagrante dans la répartition des responsabilités nationales ? Depuis l'avènement des gouvernements Siminwa I et II, durant le second et dernier mandat constitutionnel du Président Félix Tshisekedi, le Haut-Uele semble méthodiquement condamné aux oubliettes. »
Ce constat amer résonne comme une gifle face au soutien massif apporté par la province au chef de l'État lors des dernières échéances électorales. « Fanfare chantant, tambour battant, nous avons battu campagne pour le Président Tshisekedi en 2023. Il a été plébiscité chez nous », rappelle Emmanuel Inikutiro. « Au sein de l'EGO, nous avons même contribué financièrement à la caution de sa candidature. Est-ce ainsi que l'on reconnaît cet engagement, par cette monnaie de singe ? Même sous Siminwa I, nous n'avions obtenu qu'un modeste poste de vice-ministre. Pourtant, le Haut-Uele reste l'un des grands contributeurs au trésor public. Cette exclusion récurrente de la gestion du pays est profondément inique. »
Pour le jeune chercheur, cette invisibilité politique n'est pas le fruit du hasard, mais le résultat de plusieurs dynamiques convergentes :
1. L' Éparpillement et l'égoïsme des Élites Locales : « Les forces politiques locales sont déchirées par des querelles intestines de positionnement et de leadership. Nous manquons cruellement d'une figure rassembleuse, d'une voix unie et forte pour porter nos aspirations au niveau national. »
2. La Dépendance aux Partis Exogènes : « Nombre de nos élus siègent dans des partis politiques dont les décideurs clés sont originaires d'autres provinces. Lors des phases cruciales de sélection pour les postes nationaux, ils sont purement et simplement contournés ou ignorés. »
3. La Stigmatisation et l'affaire Corneille Nangaa : « Le ralliement de Corneille Nangaa aux agresseurs Rwandais du M23 a considérablement fragilisé une partie substantielle de la force politique locale qui lui était affiliée. Pire encore, une stigmatisation généralisée s'est abattue sur les cadres du Haut-Uele, souvent taxés à tort ou à raison de proximité avec le M23. Cela nous a durablement déstabilisés et discrédités. »
Face à ce « naufrage politique », Emmanuel Inikutiro lance un appel solennel à la prise de conscience et à l'action immédiate. « Il est impératif que nos leaders enterrent la hache de guerre des querelles internes et s'unissent ! L'heure est à la révision de nos cartes politiques et à la mise en ordre de bataille. » Il prône la création d'une plateforme ou d'un regroupement politique unissant les ressortissants du Haut-Uele, transcendant les clivages partisans traditionnels.
Il insiste également sur un travail de fond : « Nous devons urgemment redynamiser et promouvoir nos partis politiques locaux, ancrés dans les réalités de notre province. Il faut sensibiliser nos concitoyens, particulièrement la jeunesse, à y adhérer massivement et durablement, bien en amont des échéances électorales, au lieu de nourrir le coq à la veille du marché. »
Le message d'Emmanuel Inikutiro est clair et sans équivoque : « Toutes les forces politiques et sociales du Haut-Uele doivent se réveiller ! Prendre conscience des enjeux cruciaux du moment et dénoncer avec la plus grande fermeté cette marginalisation inacceptable. Notre absence des cercles où se prennent les grandes décisions nationales n'est pas seulement une injustice ; elle est un frein brutal à notre essor et à notre développement économique. Ce silence n'est plus tenable ; il est temps que le Haut-Uele retrouve sa voix et sa juste place dans la République. » Ce cri d'alarme d'un jeune fils, indigné de la province résonne comme un appel pressant à l'unité et à la dignité retrouvée.