Watsa : La société civile force vive de la chefferie Bari-Logo se mobilise face à la crise de la morgue du Centre Hospitalier Kibali
Ce 29 août 2025, Une atmosphère de détermination grave a prévalu ce vendredi à Durba, où la société civile force vive de la chefferie Bari-Logo, a convoqué une réunion de crise de haute importance. Au cœur des débats : la morgue du Centre Hospitalier Kibali (CHK), inaugurée dans les fastes mais depuis des mois laissée à l’abandon, plongeant la communauté dans une situation humanitaire et sanitaire des plus critiques.
Face à l’urgence, les différentes strates de la société se sont rassemblées, aux côtés des autorités politico-administratives. Étaient ainsi présents le Médecin Chef de zone , des représentants de l’ OSG Dot Kibali, à l’origine du projet, ainsi que des dignitaires des diverses confessions religieuses, témoignant de l’ampleur et de la gravité du sujet.
Monsieur Joseph Mamuzi, coordonnateur de la société civile force vive de la chefferie Bari-Logo, a dressé un constat sans appel lors de son allocution. « L'objectif de cette assise était double », a-t-il déclaré. « Informer l'ensemble de la communauté qu'à ce jour, nous ne disposons pas de morgue opérationnelle, et surtout, rechercher une solution palliative immédiate. Force est de constater que le projet de morgue initié pour la communauté n'est pas parvenu à son but. »
Les conséquences de cette incurie sont lourdes et dramatiques pour les familles en deuil. « Depuis que l'installation du CHK est tombée en panne, nous sommes confrontés à des difficultés insurmontables : nous sommes parfois contraints de transporter les dépouilles mortelles jusqu'à Aru, un parcours du combattant à la fois psychologiquement éprouvant et économiquement ruineux pour les proches », a-t-il expliqué.
Face à ce vide funéraire, l'assistance a acté la nécessité d'une réponse urgente. « Le consensus s'est dégagé pour recourir à une vieille chambre froide, jamais mise en service, qui pourrait servir de solution intérimaire », a précisé Monsieur Joseph Mamuzi. « Il s'agira dès à présent de mandater des techniciens pour en évaluer l'état et la faisabilité, afin de palier au besoin pressant. »
Toutefois, cette mesure d’urgence ne saurait constituer une fin en soi. Elle s’inscrit dans l’attente d’une lumière indispensable à jeter sur les causes de cet échec. La société civile exige et attend des investigations approfondies de la part des autorités judiciaires. « Il est impératif que des enquêtes soient diligentées sur la gestion du projet initié par Dot Kibali. Elles seules permettront d'établir les responsabilités et de comprendre les causes des dysfonctionnements ayant conduit à cette situation scandaleuse », a martelé le coordonnateur.
Dans ce paysage désolant, un acte de bonne gouvernance a été salué. La société civile a tenu à exprimer sa gratitude envers le ministre provincial de la Santé pour avoir pris la décision courageuse de bloquer la réception définitive de l'ouvrage. Cette décision, intervenue malgré son inauguration officielle par le ministre national de mine, fait suite à des vérifications ayant révélé que le projet était entaché de « multiples irrégularités ».
Cette réunion aura donc eu le mérite de fédérer les énergies autour d’un drame communautaire, de proposer une issue immédiate et de réaffirmer avec force l’exigence de transparence et de reddition des comptes. La balle est désormais dans le camp de la justice et des autorités compétentes pour que les responsables de cette carence inhumaine rendent des comptes et que la dignité dans la mort soit enfin rendue aux habitants de Bari-Logo.