Des révélations accablantes concernant l'exploitation de l'or dans le puits de Monsieur Zati à Beverendi : les autorités provinciales et territoriales, prises la main dans le sac.
Dans les profondeurs du territoire de Watsa, au cœur de la province du Haut-Uele, un drame silencieux se joue, mêlant l'appât du gain à un mépris révoltant de la vie humaine et de la loi. Il s'agit de l'affaire du puits d'or de Monsieur Zati, dans la Localité de Beverendi en secteur Mangbutu, territoire de Watsa, un dossier qui, loin d'être un simple fait divers minier, expose au grand jour la cupidité d'une élite politico-administrative qui semble avoir renié son serment de servir le peuple pour s'adonner à un pillage en règle des ressources.
Tout commence par un document officiel, un procès-verbal de constat technique daté du 27 décembre 2024. Rédigé par un inspecteur des mines assermenté, le rapport est sans appel : le puits, profond de 60 mètres dont 50 de tunnel, est une véritable poudrière. Il est déclaré "incommode", une violation flagrante des normes de sécurité les plus élémentaires, notamment l'article 306 du code minier qui interdit formellement de telles profondeurs pour l'exploitation artisanale. Le constat décrit une structure périlleuse, sans escaliers, où des hommes risquent leur vie en descendant sur de frêles échelles de bambou. Un danger permanent, une catastrophe annoncée.
Face à une telle conclusion, la logique et la loi auraient exigé une fermeture immédiate et une sécurisation du site pour protéger des vies. Mais c'est ici que la tragédie prend une tournure écœurante. Au lieu de faire respecter la loi, les autorités locales et provinciales y ont vu une opportunité. Le puits, déclaré dangereux, a été cyniquement transformé en butin de guerre. Confisqué à son propriétaire au titre de "sanction", il est devenu l'objet d'une exploitation effrénée, non pas par des artisans en quête de survie, mais par ceux-là mêmes qui sont censés réglementer le secteur.
Les documents révèlent une "répartition des postes" qui ressemble moins à un plan de gestion administrative qu'à un partage de butin. Des noms, des fonctions, des entités étatiques apparaissent, tous liés à l'exploitation de ce puits maudit. Le Parquet, la Division Provinciale des Mines, le Bureau des Mines de Watsa... des services entiers, garants de la légalité, se retrouvent listés comme bénéficiaires de cette manne aurifère. C'est un spectacle désolant où les gardiens du temple se muent en pilleurs, transformant leurs services en entreprises exploitantes, en totale contradiction avec leur statut de fonctionnaires publics. Le peuple, lui, observe, impuissant, cette prédation organisée au sommet de l'État provincial et territorial.
Le comble de l'hypocrisie est atteint lorsque des voix s'élèvent pour dénoncer ce scandale. Des leaders communautaires, des activistes courageux et des médias locaux, conscients du danger mortel que représente ce puits et de la corruption qui l'entoure, n'ont cessé d'alerter l'opinion. Mais leur cri d'alarme s'est heurté à un mur de déni. La semaine dernière, sur un média en ligne, le coordonnateur de la Société Civile de la solidarité, Monsieur Jean-Pierre Atsidri Adroma, a livré une performance stupéfiante. Dans une tentative pathétique de dissimuler l'inavouable, il a balayé les accusations d'un revers de main, prétextant un "défaut de preuve" et innocentant les autorités incriminées. Comment peut-on parler de défaut de preuve face à des documents officiels qui détaillent le partage des profits ? Comment peut-on ignorer le danger quand un rapport technique le décrit avec une précision glaçante ?
Cette manœuvre ne trompe personne. Elle est une insulte à l'intelligence des Congolais et une trahison envers les populations du Haut-Uele. Elle vise à protéger un système où la cupidité a éclipsé toute notion de responsabilité et d'humanité. Pendant que des fonctionnaires s'enrichissent au mépris de la loi, des pères de famille continuent de risquer leur vie dans les entrailles d'un puits que l'État lui-même a jugé trop dangereux.
L'affaire du puits Zati n'est pas une simple histoire de mine d'or. C'est le symptôme d'un mal profond qui ronge Watsa et le Haut-Uele : une gouvernance où l'intérêt public est sacrifié sur l'autel des ambitions personnelles. Il est temps que la justice, la vraie, se saisisse de ce dossier et que les responsables, à tous les niveaux, répondent de leurs actes. Le peuple, lui, n'est pas dupe. Il attend, avec une patience qui s'amenuise, que la lumière soit faite et que la loi, une bonne fois pour toutes, s'applique à tous.