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Haut-Uele : Une indemnisation qui sonne comme un adieu forcé, pour les exploitants artisanaux dans le Secteur Malika Mabudu Baberu.

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Date de Publication : 1 day ago

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Ce jeudi 4 septembre 2025, sous les auspices d’un soleil indifférent, une page sombre de l’histoire du territoire de Wamba a été officiellement tournée. Par la voix de Me Aimé Engasa, représentant un gouverneur provincial invisible, le gouvernement provincial du Haut-Uele a donné le coup d’envoi solennel, et pourtant si discrètement, à l’opération d’indemnisation des exploitants artisanaux du Secteur Malika Mabudu Baberu(MMB). Une manœuvre expéditive, promise à s’achever en trois courtes semaines, dont l’unique objet est de libérer, au profit de la société Kimia Mining Kgor, ces terres ancestrales convoitées pour leur or.

Les hameaux de Makapela, Malekesa, Ambiguli, Selesele et Makasi, naguère animés par l’activité laborieuse de milliers de creuseurs, ne sont plus aujourd’hui que le théâtre d’un pathétique marchandage. On y monnaie désormais l’âme et le passé contre des billets de banque. Pour les autorités provinciales et locales, cette compagnie minière incarne une manne céleste, une aubaine providentielle promise à booster une économie régionale moribonde. Ils n’y voient qu’investissement, croissance et modernité, célébrant avec un optimisme de convenance ce qu’ils nomment pompeusement un « partenariat gagnant-gagnant ».

Hélas, sur le terrain, une tout autre mélodie, bien plus plaintive, s’élève des collines éventrées. C’est un chœur de murmures étouffés, un concert de désespoirs que l’on craint d’exprimer trop haut. Sous le couvert de l’anonymat, de peur des vindictes, un exploitant artisanal laisse éclater une douleur qui en dit long sur l’amertume générale : « Tout devait se conformément à la loi. Les autorités étaient censées protéger nos intérêts, nos droits, avant ceux de n'importe quelle entreprise. Je ne comprends pas comment on peut nous traiter d'occupants illégaux, pourtant c'est ici notre milieu de vie depuis toujours ! » Cette plainte, déchirante dans sa simplicité, résume le scandale absolu : l’État, censé être le gardien des siens, se fait le bras armé d’intérêts privés, décrétant l’illégalité de l’existence même de son peuple.

Les procédures, dit-on, ont été bafouées avec une légèreté confondante. Aucune enquête publique digne de ce nom, pas de cahier des charges clair, aucune consultation réelle. La population, tenue à l’écart des décisions, n’a été conviée qu’à la triste cérémonie de ratification d’un accord scellé dans son dos. « L'argent qu'on nous offre ne représente rien, se lamente un autre voix brisée par l’injustice. Il est impossible de s'acheter une parcelle, de se construire une maison et de recommencer une nouvelle vie avec cela. C’est vraiment stupide, ce manque de considération. »

Quel est donc le prix d’une racine, d’une mémoire, d’une communauté dispersée ? Kimia Mining Kgor et le gouvernement provincial semblent avoir trouvé la réponse : une somme dérisoire, oscillant entre 3 000 000 et 8 000 000 de francs congolais. Une transaction indécente qui sonne comme un ultime affront. Déjà, la Société Civile, tenue à l’écart de l’opération, rapporte des irrégularités flagrantes, comme ce Monsieur qui s’est vu proposer 4 000 000 FC, la moitié de la somme promise sur sa fiche, dès le premier jour. Présage funeste pour la suite des événements.

Aux observateurs avertis, cette précipitation sent la fable trop souvent contée. Ils appellent à une vigilance de chaque instant, de peur que le Haut-Uele ne sombre, à l’instar du voisin territoire de Watsa,  dans un climat de méfiance durable et de ressentiment profond . À Watsa, des années après des promesses similaires, les plaies sont toujours à vif, et la communauté se sent flouée, méprisée, oubliée.

Ainsi, à Wamba, ce ne sont pas seulement des exploitations minières que l’on démantèle, mais un tissu social entier que l’on déchire. On indemnise les gens, certes, mais qui donc indemnisera leur histoire ? Qui paiera pour la dignité perdue et pour la terre confisquée ? Le gouvernement provincial, dans sa courte vue, croit lancer une opération de développement. Il n’offre, hélas, qu’un cortège d’amertume et le spectre d’une trahison de plus, inscrite dans la longue et douloureuse histoire du Congo.


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