L’Honneur de la Loi face aux Velléités de l’Intérêt Privé : La Réplique Cinglante de l' Honorable Prosper-Salomon MOTUGBU
Haut Uele/ Dans le microcosme politique congolais, où la parole est trop souvent galvaudée et la raison courtisée par les sirènes de l’intérêt immédiat, il est des interventions qui, par leur légèreté juridique et leur mépris affiché pour le peuple, appellent une réponse ferme et princière. C’est pour cette cause et avec consternation que l’Honorable Prosper-Salomon MOTUGBU, dit MADILU, Député Provincial du territoire de Wamba, a bien voulu répondre aux propos inconséquents tenus sur les ondes de la Radio Nava par son homologue et cadet, l’Honorable Emmanuel BAKABI.
Joint par la rédaction de Lumière Digitale Média, l’Honorable MADILU a d’abord exprimé un regret profond : celui de voir un collègue, un « petit frère » dans l’arène politique, gâcher une occasion d’or de cultiver un silence pourtant si salvateur sur un sujet qu’il maîtrise avec une approximation désolante.
D’un revers de main élégant mais sans équivoque, l’élu balaye les allégations infondées qui le présentent comme un adversaire du progrès économique. Loin des chimères propagées, il reconnaît volontiers les opportunités que pourrait incarner l’implantation d’une société minière pour ses chers électeurs de Wamba. Mais, et c’est ici que réside la quintessence de la responsabilité d’un élu, « tout doit se faire dans le cadre sacro-saint de la Loi, qui n’est point une suggestion mais le garde-fou de notre société contre la barbarie de l’arbitraire ».
L’Honorable Prosper Motugbu s’insurge contre la méthode expéditive et cavalière prônée par son collègue, qui, se présentant en porte-voix zélé de la société Kimia Mining Kor, donne l’impression navrante qu’il n’existerait aucune règle établie. « On n’invente pas la procédure pour la circonstance, on la respecte. Monsieur Emmanuel Bakabi, mon collègue, doit savoir que la loi n’est pas un obstacle à contourner ; elle est la voie royale qui mène à un développement juste et pérenne », assène-t-il avec une force tranquille.
Se référant avec une précision de juriste à l’article 281 du Code Minier révisé en 2018, et de l'annexe du règlement minier , l’Honorable MADILU rappelle la solennité des dispositions légales bafouées : « Le législateur, dans sa sagesse, a tout prévu. L’indemnité n’est pas une aumône versée par pitié ; c’est un droit inaliénable, une justice rendue pour la privation d’un bien, d’une terre, d’une mémoire. Exiger son application stricte n’est pas faire acte de rebellion, mais de civisme le plus élémentaire. »
Ce qui soulève son indignation la plus vive, c’est la tentative odieuse de son collègue de diviser la communauté en opérant une distinction scandaleuse entre « autochtones » et « non-originaires ». « Limiter le bénéfice de la loi au seul sang est une hérésie juridique et une faute morale impardonnable. Ces femmes, ces hommes qu’il qualifie avec mépris de ‘non-originaires’ sont des Congolais à part entière. La Constitution, ce pacte sacré qui nous unit tous, leur garantit la même protection, le même respect. Ils sont mes électeurs, ils étaient les siens. Oublier cela, c’est renier son serment et trahir la confiance populaire. »
Pour l’Honorable MADILU, la définition de la « communauté locale » dans le Code Minier est on ne peut plus claire : elle est fondée sur la proximité géographique et l’organisation sociale, non sur une pureté ethnique fictive. « Je ne me dresse pas pour quémander des miettes au banquet des puissants. Je me dresse, en serviteur de la Loi et du Peuple, pour exiger que le festin lui soit servi dans son intégralité et avec équité. La dignité de mes électeurs n’est pas négociable. »
En conclusion, d’une voix chargée d’une émotion contenue mais perceptible, l’Honorable Prosper-Salomon MOTUGBU lance un appel à la raison et à l’étude : « Plutôt que de servir un discours vide au service d’intérêts privés, je exhorte mon frère et collègue à étudier la Loi qu’il est censé incarner. Qu’il choisisse enfin pour qui il parle : pour le compte d’une entreprise avide de déroger aux préceptes les plus sacrés, ou pour le compte du peuple souverain de Wamba, dont les droits sont et demeureront intangibles. L’Histoire, Madame, Monsieur, se souvient toujours de ceux qui ont choisi le camp de la Justice contre celui de la facilité. »
Une leçon de droit, de déontologie et de hauteur de vue qui résonne comme un rappel à l’ordre dans cette cacophonie qui se vit actuellement en territoire de Wamba.