Haut-Uele : L’honorable Justin Zamba Ndezu, président de l’Assemblée provinciale, s’aliène la communauté des médias par des propos indignes
Il est des fonctions où l’élévation devrait inspirer la grandeur. Force est de constater que l’Honorable Justin Zamba Ndezu, président de l’Assemblée provinciale du Haut-Uele, semble avoir succombé à un vertige bien moins noble. Sa récente qualification des journalistes en termes de « mendiants » a provoqué, à juste titre, une vague d’indignation parmi les professionnels des médias. Cette sortie malheureuse dépasse la simple maladresse ; elle révèle une méconnaissance profonde des principes démocratiques et jette une lumière crue sur les limites d’un leadership confronté à ses propres contradictions.
De qui s’agit-il, en effet ? D’un homme dont le parcours, pour être personnel, s’est construit dans des fonctions des plus modestes : instituteur du primaire, orpailleur artisanal durant de longues années, puis promoteur d’une entreprise dont le siège semble aussi difficile à localiser que les réalisations tangibles qu’on lui attribuerait. Qu’un tel personnage ose à présent dicter leur conduite à des femmes et des hommes qui, quotidiennement, bravent la précarité, les pressions et l’insécurité pour porter la voix des sans-voix et informer une population souvent reléguée aux oubliettes de la République, confine à l’incohérence absolue.
Ce que l’Honorable Zamba Ndezu dénigre sous le vocable infamant de « mendicité » n’est autre que le labeur opiniâtre et le dévouement silencieux de journalistes qui, dans l’adversité, préservent les fondements de notre démocratie locale. Leur seul « butin » est la vérité ; leur seule quête, la juste information. Les insulver, c’est méconnaître la noblesse même de leur mission.
En cédant à un tel dérapage verbal, Honorable Justin Zamba Ndezu n’a en rien abaissé la presse qu’il vilipende. Il s’est, au contraire, rabaissé lui-même, offrant le triste spectacle d’un représentant du peuple en divorce complet avec ses devoirs. Dans une province accablée par des défis immenses, pauvreté endémique, gouvernance défaillante, carence criante en infrastructures, une telle désinvolture est plus qu’une faute de goût : elle est une faute politique.
Alors que ses administrés légitimement attendent des actions concrètes et une parole responsable, le président de l’Assemblée provinciale a choisi pour cible la quatrième puissance, celle-là même qui assure le lien essentiel entre les institutions et les citoyens. Le résultat est sans appel : il a dilapidé en un instant le capital de confiance et d’estime que de nombreux concitoyens et professionnels pouvaient encore lui accorder. Désormais, de multiples voix s’élèvent pour exiger des excuses publiques et solennelles, faute de quoi un boycott médiatique complet pourrait être envisagé.
La presse du Haut-Uele n’a que faire de quémander un respect qu’elle mérite amplement. Elle l’acquiert chaque jour, sur le terrain, au prix de son courage et de son intégrité. Quant à l’Honorable Justin Zamba Ndezu, une remise en question profonde et urgente s’impose à lui. Qu’il se souvienne de cette évidence : dans une démocratie qui se respecte, mépriser ceux qui informent le public revient inexorablement à mépriser le peuple souverain lui-même.