Célébration de la Journée Mondiale de l’Okapi à Nepoko : Une Symphonie Pédagogique pour la Préservation
Ce 18 Octobre, En marge de la célébration annuelle de la Journée Mondiale de l’Okapi, la Réserve de Faune à Okapis (RFO) a une fois encore démontré son engagement en faisant de la localité de Nepoko, dans la chefferie Kebo (territoire de Watsa), l’épicentre d’une réflexion profonde et de festivités vibrantes. Placée sous l’égide de Monsieur Martin Apamba, Chef d’antenne de Mungbere, et organisée en collaboration avec une équipe venue du siège d’Epulu, cette journée a magistralement mêlé pédagogie, sport et culture au service d’une cause noble : la préservation d’un patrimoine naturel unique.
Fidèle à son principe de rotation annuelle entre les villages, la RFO a choisi Nepoko pour cette édition. Le programme, savamment orchestré, avait pour objectif de sensibiliser les communautés riveraines par l'action et l'émulation.
Au-delà des traditionnels matchs de football, l’innovation de cette année fut l’organisation d’un concours de dessin, élargi aux écoles primaires de Nepoko, de l’Institut Ngbongbolosi, et des écoles d'Abalu Andudu et de Kerekonzi. Une course de remplissage de bouteilles, symbolisant l'agilité et l'esprit d'équipe, a vu s’affronter des équipes mixtes de dix garçons et dix filles. Les trois premiers lauréats ont été récompensés par des bourses et du matériel éducatif, le tout arborant fièrement le t-shirt de l'Okapi.
Un moment fort de cohésion sociale fut le match de football opposant les mamans des associations de Nepoko, Apana et Kerekonzi aux femmes Pygmées du campement d'Apana. Cette rencontre, où l'esprit sportif a primé, a été honorée par des récompenses substantielles pour toutes les participantes, célébrant ainsi l'union autour de la cause de l'Okapi.
Le volet intellectuel de la journée fut une conférence-débat cruciale, structurée autour de deux axes majeurs. Le premier fut consacré à une présentation générale de la RFO, rappelant son étendue transprovinciale , chevauchant l’Ituri et le Haut-Uele et son ancrage dans les territoires de Mambasa, Wamba et Watsa.
Le second axe, plus alarmant, a exposé les menaces persistantes qui pèsent sur la réserve. L'exploitation illégale des mines, le braconnage et la pratique délétère de l'agriculture sur brûlis ont été identifiés comme les fléaux à combattre urgemment pour assurer l'intégrité de cet écosystème fragile.
Interrogé sur la philosophie qui sous-tend ces célébrations, Monsieur Martin Apamba a partagé une vision à la fois claire et inspirée.
> « Notre mission ne se limite pas à la protection stricte d’une espèce emblématique. Il s’agit d’un pacte que nous renouvelons chaque année avec les populations : un pacte pour leur faire comprendre que cet animal rare, qui orne jusqu’à notre monnaie, n’est pas une simple image. C’est un potentiel vivant de développement durable, un trésor national dont la survie est intrinsèquement liée à leur propre avenir. »
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> « Organiser cette fête de manière rotative, c’est incarner notre présence aux côtés de chaque communauté. C’est leur dire : la réserve n’est pas une forteresse interdite, mais un jardin commun que nous devons, ensemble, entretenir et valoriser pour les générations futures. »
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> « Voir des enfants courir avec le t-shirt de l’Okapi, des femmes de différents horizons jouer ensemble, et des élèves rivaliser de talent pour le dessiner, voilà la sensibilisation la plus puissante. Nous ne voulons pas d’une conservation contrainte, mais d’une préservation choisie, fière et partagée. »
Cette journée du 18 Octobre à Nepoko a transcendé la simple commémoration. Elle a été une leçon de civisme environnemental grandeur nature. En associant de manière si étroite la connaissance, le jeu et la récompense, la Réserve de Faune à Okapis sème avec intelligence les graines d’une conscience collective. Elle forge peu à peu une communauté de gardiens locaux, convaincus que la protection de l’Okapi et de son habitat n'est pas un frein, mais bien le socle du développement durable de leur contrée et de la nation tout entière.